22.11.2008

JULIE 4ème épisode

Julia Roberts Julie4.jpg




Le contact avec la porcelaine chaude

de sa tasse de chocolat lui fit du bien,

dedans, dans tout son être. Elle ferma les yeux.

Elle était revenue chez elle.



Julie pensait à son paradis perdu,

à sa petite ville d’Aywaille

dans la banlieue de Liège.

C’était son pays à elle, au cœur des Ardennes belges,

au milieu du Pays où l’on n’arrive jamais,

décrit par André Dhôtel le magicien des Chroniques fabuleuses.



Tout à coup, derrière un coin du journal grand ouvert,

elle aperçut une corbeille non vide,

le nid qui abritait deux petits croissants tout recroquevillés.

Elle était comme hypnotisée.

Le prof de Finances replia Le Monde,

accueilli son regard et lui proposa les croissants.



Aussitôt en action, comme une louve téméraire

mais toujours prudente,

elle était devant la corbeille, polie, froide, souriante, distante.

Elle se sentait bien, à sa place et puis elle se rappela les nuages

qui assombrissaient le regard de l’homme.



Sortant de sa réserve loupesque, elle lui demanda

- comme elle avait vu faire à sa mère lors d’un dîner mondain -

genre « question triste avec le sourire qui tue »,

à moins que ça ne soit l’inverse.


- Vous n’avez pas l’air d’aller bien fort, je me trompe ?



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