22.11.2008
JULIE 5ème épisode

Paris by Saul Leiter
Il la regarda fixement, l’air intéressé :
- oui, non, je ne sais pas, tout va bien,
mais ça va très mal quant même.
Ben voyons, se dit Julie, ça m’apprendra à m’occuper
de mes bonbons (au miel).
Elle dit :
- Ah !
C’était mal parti, mais finalement il lui raconta toute l’histoire.
Son chien, qu’il avait trouvé du côté de chez Proust, Max,
le chien pas Marcel, s’appelait en vrai Ionak du Combray.
Voilà, comme sa fille aînée s’appelait Oriane
à cause de la Duchesse de Guermantes
et comme pendant plusieurs années
il avait eu une copine à Commercy,
qu’il ne connaissait pas mais
qu’il aimait quant même beaucoup.
Elle ne comprenait rien et elle faisait des efforts
pour ne pas rire trop fort.
En fait il était trop émotif,
le fils de champion du monde,
unique Reproducteur de catégorie A,
le plus beau se sa génération,
classique quoi.
C’était arrivé bêtement,
quand ses filles sont revenues de vacances,
il s’est tellement excité de partout,
qu’il est mort dans la nuit.
Boum, a dit la vétérinaire, attaque cérébrale.
Quand elle vit la photo de la bête réellement très belle,
elle fronça les sourcils et demanda :
- Et la race, c’est quoi comme race ?
- Un berger belge, un Tervueren.
- Ah mais ça change tout, c’est chez moi, là-bas…
Ils s’assirent à une table munis d’un deuxième café
et elle commença à lui expliquer que son père,
le patron d’une grande marque américaine de voitures,
ne parlait jamais d’automobiles mais toujours de financement,
de business plan et de choses comme cela,
et c’est ça qui l’avait décidé à faire Sciences Po,
où parait-il, on forme l’élite de la banque.
17:30 Publié dans Short Cuts | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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