20.01.2009

Vixen fait une rencontre : Notes grecques (11)

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Le mage Empédocle

Etonnante figure d’Empédocle d’Agrigente, qui réintroduit

le multiple en opposition au monisme des Ioniens.

Pour lui, il y a quatre « racines de toutes choses »,

le feu, l’eau, l’éther et la terre, entre lesquelles les échanges

naissent des actions contradictoires d’Amour(Philia)

et de Discorde qui triomphent l’un après l’autre.



Les cycles de la nature se retrouvent pour les âmes :

celles qui sont coupables doivent errer trente mille ans

pour se régénérer par la souffrance.

Comme chez les Pythagoriciens dont l’influence est ici très forte,

triomphe donc une pensée mystique qui appelle à purifications

et abstinences et affirme la transmigration des âmes.



On souligne à bon droit l’extraordinaire mixte que constitue cette

prédication, mixte entre un rationalisme déclaré qui affirme le

règne des quatre éléments, destiné à s’imposer pour des siècles,

et des observances purificatrices auxquelles Empédocle

consacre un ouvrage.



Empédocle parcourt le monde drapé dans la pourpre, asséchant

les marais malsains, thaumaturge attentif à ceux qui souffrent,

physicien et biologiste et maître de la parole à telle enseigne

qu’on fait de lui un des précurseurs de la dialectique.



Le personnage est étonnant et ne peut être compris que par

référence à cet Occident où la pensée se fait volontiers mystique

et où les shamans éclairent l’humanité souffrante (peut-être par

souvenance des anciens cultes indigènes, très préoccupés

de la vie et de la mort).



Le voici tel qu’il se présente à nous :

« quant à moi, je marche parmi vous en dieu incorruptible,

affranchi de la mort à jamais, honoré entre tous comme il

convient, ceint de bandelettes et de couronnes de fleurs…

Hommes et femmes suivent ensemble par milliers, me

demandant où est la voie du profit.

Certains ont besoin d’un oracle, d’autres désirent entendre

au sujet de maladies la parole qui sauve, car ils sont de part

en part percés par d’affreuses douleurs. »



Il acquiert définitivement l’immortalité en se jetant, vivant,

dans le feu purificateur de l’Etna où ses disciples ne retrouvèrent

que ses sandales.



Les Anthestéries

A Athènes, les Kères sont les âmes des morts,

qu’on interpelle rudement :

« Allez-vous en les Kères ; finies les Anthestéries »

Kère est un mot très ancien, d’origine crétoise comme la plupart

du vocabulaire des trépassés qui a des sens variés :

destin, mort violente, malheur !



Les Anthestéries sont les fêtes de la fleur.

Elles se déroulent sur trois jours :

L’Ouverture des jarres (fête du vin nouveau),

Les Cruches (concours de buveurs),

Les Marmites (les morts viennent manger dans des marmites).

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