30.12.2008

Vixen est arrivée (7)

Maison 4.jpg




Comme La jeune femme regardait Oriane

d’un air interrogateur,

celle-ci lui demanda,

-tu veux voir…tout de suite ?



Vixen lui répondit par un sourire et vit La Main s’approcher

d’elle et se poser sur son bras nu.

Le contact était glacé mais instantanément ce fut comme

une décharge électrique qui lui traversa le corps,

jusqu’à monter en spirale dans son esprit.



Maintenant elle voyait les arbres à perte de vue,

de toutes les formes et de toutes origines,

et elle sentait la mer qui venait lécher le mur d’enceinte

de la propriété.



L’intérieur de la main qui se détachait lentement

de Vixen était incroyablement ridé,

son regard croisa les yeux limpides d’Oriane,

- Ce n’est pas possible, tu n’es pas aussi vieille que ça ?



- il faut croire que si répondit Oriane avec un sourire malicieux.

- Et encore, tu n’as pas vu ses pieds ! Flora, pouffait de rire,

Une vraie sorcière, comme maman…



Commentaires

Marie C.(14.4.05 18:11)
Ce texte est magnifique. Bravo. Et merci.
[Marie]

Moreta / Site web (15.4.05 09:43)
Magique!
Une nouvelle de Fantasy de derrière les Runes ;-)
Je plaisante mais c'est très beau.

aurhorizon / Site web (15.4.05 18:13)
Je savais bien que les portes invisibles menaient vers des mondes parallèles...!
Encore, encore,...on en veut encore!
Bises. ) : P

LPSP (16.4.05 02:03)
Aurore (je crois, tu me diras si je me trompe)
Quel bonheur de te recevoir sur mon blog.
Ca me fait tellement plaisir que tu aimes Vixen, parce que c'est ma préférée et j'ai déjà commencé la suite dans ma tête.
Pendant le week end je fouillerai dans ma malle à surprises pour voir s'il y a quelque chose pour toi…
Je te souhaite plein de belles choses.
Baisers de mots.

Vixen est arrivée (6)

Photos_riace_2005 Flora.jpg




C’est incroyable dit Vixen en s’approchant

de Flora et de Gaspard, on dirait le char, le …



- Oui, répondit Flora qui avait capturé son regard

dans l’immensité torride de l’azur de ses yeux,

c’est bien le char de ta …,

celui qui est enterré dans la tombe de la princesse, à Vix,

je l’ai reconstitué, jusqu’à la plus petite cheville en bois.



Quand Vixen sortit de sa torpeur,

elle remarqua le loup immensément gris qui la regardait

comme s’il attendait un signe de sa part.

Puis elle comprit et déposa le sac dans le char

qui partit aussitôt.



Elles partirent toutes les trois sur la Route du Château

qui à la sortie du bourg s’enfonçait dans la forêt.



Au bout de 300 mètres, la route fit place à une allée tranquille

bordée de peupliers d’Italie puis d’une haie de tilleuls.



Vixen ne fut pas surprise par la maison

une sorte de grand manoir gris et noir

de granit et d’ardoise.



Des camélias, des rhododendrons et d’immenses hortensias

égayaient la pelouse percée d’allées recouvertes de graviers.



Par contre elle fut proprement ébahie par le volume du résineux

qui dressait toute sa majesté au milieu du parc.



- C’est un if, n’est pas ?

Je ne pouvais imaginer qu’il soit si grand.


- Oui dit Flora, c’est l’arbre des arbres

et nous sommes plutôt fiers de sa taille.

Il y en a beaucoup, beaucoup d’autres, tu verras.


Vixen est arrivée (5)

jennifer Connelly Chiricahuate.jpg




Joseph la regardait ému et admiratif.

Elle était encore différente, les cheveux relevés,

elle portait un joli tailleur beige sur un chemisier

en soie noire et ses pieds étaient chaussés de sandales

en daim assorties au tailleur.

Pas de doute c’était une grande dame, aussi élégante

qu’elle était simple.



- Au revoir, princesse, reviens me voir.

Vixen lui sourit, agita la main et partit d’un pas alerte et décidé,

sans se retourner.

Son vieux sac de voyage Lancel ne pesait pas trop lourd.



Elle retourna au village, où elle flâna dans les ruelles désuètes

où le soleil réchauffait la pierre grise uniforme.

C’est amusant, tout est en granit ici,

c’est trop solide pour mourir ou même pour changer.



Arrivée sur ce qui semblait être la place principale,

la place de l’Equinoxe, elle s’arrêta pour admirer

un magnifique marché couvert ressemblant à un édifice

du moyen âge.



- C’est encore plus vieux que ça, beaucoup plus vieux…

La voix douce et grave l’entourait.

Elle avait entendue parler des deux soeurs Celtes,

même si personne ne prononçait jamais leur nom

car la légende disait qu’elles avaient reçu

tous les dons révélés.



Bonjour Vixen, je m’appelle Oriane,

si tu veux je t’accompagne.

Vixen dévisagea la jeune fille de 15 ans

et elle fut marquée par la sérénité joyeuse

qui se détachait du visage de madone.



Voyant qu’elle hésitait, Oriane lui dit

qu’elles étaient chargées de prendre son bagage.

Aussitôt surgit un nuage de poussière révélant

un improbable attelage. Une poupée blonde

au regard d’azur descendait d’un char tiré par un loup.



Vixen est arrivée (4)

aoùt 2006 Ciel P.jpg




Joseph, tout étonné, d’entendre la langue ancienne,

semblait un peu perdu.

Après un moment d’égarement il se ressaisit.

Sa connaissance des langues celtes modernes,

lui avait permis de comprendre le sens de la question.



- Je crois que c’est le paradoxe d’habiter

dans un monde paradoxal.

Demain vous verrez celui qui sait.

Ne vous inquiétez pas, il éclaire toute chose…

Il est temps d’aller vous reposer et de vous recueillir,

la journée de demain risque de durer plusieurs jours.



Il l’accompagna au 1er étage jusqu’au seuil

de la chambre préparée pour elle,

- Bonne nuit princesse.

- Je vous remercie de vos bons soins Joseph,

bonne nuit, à demain.



Elle alla contempler la mer depuis la grande fenêtre

à petits carreaux puis elle s’assit sur le lit,

en poussant un soupir de bien-être.

-Tiens ça doit être mes devoirs de vacances,

dit elle en souriant.

Machinalement elle avait saisit un fascicule

joliment relié qui l’attendait sur la table de nuit.



Elle lu :

Le paradigme de l’homme qui cherche à franchir

la porte sans porte.


Ca y est, ça commence se dit Vixen,

frissonnant d’angoisse et d’excitation.



Le lendemain matin, après un petit déjeuner vivifiant.

Elle décida de partir tout de suite.

Elle refusa que Joseph l’accompagne.



- Merci bien, j’ai besoin de marcher,

de respirer les murs de la ville,

d’entendre comment les arbres prennent le vent,

ici, où je retrouve quelque chose,

un soupçon de mes origines.


Vixen est arrivée (3)

Nuits et princesses.jpg




- Je m’appelle Vixen, princesse de Vix.

Ses cheveux brillaient dans le vent,

elle semblait plus grande tout à coup.



En un coup d’oeil, il aperçut les grands oiseaux noirs

qui tournaient très haut dans le ciel, au-dessus d’eux.



- Les grands cormorans murmura Joseph…

Son esprit se brouilla comme s’il perdait l’équilibre.

Il s’agenouilla péniblement devant Vixen et,

comme dans le ralenti d’un rêve,

il lui embrassa les pieds avec dévotion.



L’air fraîchissait et le vent se levait

leur apportant les premiers embruns de la fin du jour.



S’appuyant sur le dos large de l’homme,

elle remit ses sandales avec l’élégance légère

des femmes qui se savent belles.



- Viens Joseph, allons manger !



Ils se tenaient dans la grande salle

qui prenait tout le rez-de-chaussée

de la chaumière traditionnelle.



Elle épluchait les légumes de la soupe,

en répondant par monosyllabes aux questions sans fin

de l’homme comblé de recevoir une princesse,

une fille de la légende.



La patine des carreaux et des meubles anciens

remplissait la pièce d’une chaleur sereine.



Les deux bûches éclairaient la grande cheminée

qui faisait office de télévision.



Après avoir dégusté le potage et la succulente omelette

aux morilles dont elle ne laissa pas une miette,

elle lui posa la question qui la démangeait

depuis qu’il était arrivé.



Employant la langue ancienne, elle lui demanda :

- Monsieur Joseph, comment se fait-il qu’ici,

dans un pays qui n’existe pas,

habité uniquement par des Celtes purs,

vous parliez la langue des Français ?



Vixen est arrivée (2)

angelinajolie Coton blanc.jpg




Arrivé au bout de la petite route qui serpentait mollement

entre quelques chaumières bordées d’hortensias,

il s’engagea sur le chemin de terre qui accédait à sa demeure.



La barrière de bois blanc entrouverte et le silence du chien

lui soufflèrent que quelque chose ressemblant à quelqu’un

s’était posé dans sa petite cour aux graviers.



Elle était assise sur le banc de granit encadré

par un camélia rouge pale et un hortensia mauve

près de la porte de la maison.



Elle se tenait droite, le regard figé vers la mer

entendue légèrement en contrebas.

Ses cheveux d’un or châtain flottaient

sur ses épaules gracieuses.



Elle était vêtue d’une robe d’été,

sans manche et sans col,

en coton blanc damassé.



Une fine ceinture et des sandales

pareillement faites de cuir tressé,

couleur caramel,

complétaient la tenue de la jeune fille.



Il savait, il se doutait bien d’où elle venait.

- Alors petite fille, tu es revenue pour nous envahir,

tu vas finir le travail de tes ancêtres ?



Il ne dit pas cela méchamment,

mais il n’était pas très doué pour les formules de politesse,

alors il avait dit ce qui lui avait traversé l’esprit.



Elle finit par tourner la tête

- Ah, vous parlez des Vikings qui étaient venus ici en l’an 900…

Chez moi, en Finlande, je m’occupe surtout de l’élevage

des chevaux et des rennes.

En fait je suis vétérinaire et j’aide mes parents

qui ont une sorte de haras touristique, en Laponie.



Elle parlait avec un léger accent qui était comme familier

aux oreilles de l’homme qui veillait sur les esprits de la Lande.

- Comment-tu-t’appelles demanda soudain Joseph.



La jeune fille sans s’émouvoir lui répondit

- mais vous le savez.

Je sais que vous êtes au courant.

Vous savez qui je suis…



- Peut être,

mais j’ai envie de t’entendre le dire…

pour être sûr.

Vixen est arrivée (1)

Fibule avec remploi d'un camée romain 7ème siècle après JC Charnay (71).jpg

Fibule avec remploi d'un camée romain, 7ème siècle après JC, Charnay en Saône et Loire


Paris, 4 mars 2005,


Je ne me rappelle plus trop si c’était une femme ou une chatte.

J’ai des excuses, c’était il y a longtemps.

J’étais jeune, beau et maigre et je ne le savais pas.



Maintenant, je suis moche, vieux et gros et je le sais.

Ca devrait faire une grosse différence, et pourtant…

Rien n’a changé.



L’autre fois, c’était en novembre 2003,

je suis mort, pour la première fois.

Depuis je regarde s’agiter les vivants.

Comme autrefois, c’est toujours pareil.



Joseph Antoine Begruyer, se redressa.

Il commençait à avoir mal aux reins.

Ce n’est plus de mon âge, ça,

il va falloir que j’arrête un jour.



En fait, c’est une longue histoire.

A l’origine, il était maraîcher et vaguement paysagiste.

Et puis Monsieur lui avait demandé, lui avait conseillé,

lui avait dit :



- Joseph Antoine, maintenant vous êtes guérisseur …

Joseph, sans ciller, releva la tête pour mieux écouter

le silence qui suivait.

Il regarda « l’homme qui savait » et dit

- oui, monsieur.



Il n’y avait rien à ajouter.

Il salua et prit la route de la Lande Grise,

il avait besoin de s’asseoir sur le banc de granit

devant sa petite maison.



Joseph n’était pas inquiet pour sa nouvelle vie.

Il avait confiance et savait qu’il n’aurait aucun souci.


25.12.2008

Vixen (4)

Jennifer Connnelly Dernière nouvelle.jpg




Oriane lui demanda si il voulait l’adresse de la petite fille

qui maintenant s’occupait de chevaux dans le grand nord :

vixen@vixen ou bien www.wixen



- Tu es mignonne, mais je crois que je l’ai retrouvée.

- C’est comme un Trésor vivant alors, dit Flora ?

- Oui, dit sa grande sœur, c’est un magnetar,

tu sais, une étoile à neutron

qui a une activité magnétique extrême.



Leur père les regardait amusé,

- je crois que vous avez raison toutes les deux,

il s’agit bien du 5ème sursauteur gamma,

le Big One que tous les astronomes attendaient.



Ils se levèrent tous les trois en direction de la maison,

une lumière blanche et froide comme la lune de mars

irradiait chaque fenêtre de l’immense demeure.



Au dessus du porche donnant sur la terrasse,

un voile de lumière blanche éclairait les marches

de granit comme un iris de feu.



- Votre mère est rentrée, les filles.

Le cœur aussitôt allégé, elles suivaient la main longue

douce et fine, la main de leur mère,

blanche et striée des signes qui aspirait leur pas léger.



Elles savaient qu’une surprise les attendait,

que leur mère pouvait tout,

nous avions compris qu’elle était là, avec nous.



3 Commentaires

Belge (23.2.05 00:20)
Un texte étrange et prenant... Très déconcertant, je reviendrai voir ce que deviennent ces bien étranges fillettes.

Mauriac (1.3.05 20:16)
toujours beau et inspiré, Virgile n'est pas loin. grecs et celtes se connaissaient très bien, car Marseille irriguait toute la gaule de son commerce et de sa culture, ce qu'on ignore encore. quand un celte écrivait, il le faisait avec l'aide du grec, jusqu' à l'arrivée de césar. les deux cultures ne sont pas si éloignées, par l'esprit religieux, l'amour du beau, la nature. c'est la Rome militaire et matérialiste qui est loin et tuera le non-dit des deux cultures. les étrusques étaient des cousins proches. tués et avalés aussi.

Belge (1.3.05 22:20)
Aurons nous la suite de ce conte magique ?


Vixen (3)

Cercle polaire arctique.gif




En attendant de les sentir, de toucher leur essence,

il concentra ses pensées sur la petite fille trouvée.



Les paroles lui revinrent en mémoire :

KUN TAVOITTEENASI ON TERVE JA HYVINVOIVA ELÄIN

Oy Vixen Ab

Vähittäis- ja tukkumyyntiä.



Vixenin myymälässä on laaja ja laadukas valikoima rehuja,

ruokia, hoitotuotteita ja varusteita hevosten sekä

pieneläinten parhaaksi. Hiiristä hevosiin.

Kunnia-asiamme on auttaa asiakkaitamme valitsemaan

parhaat mahdolliset tuotteet kunkin eläimen yksilöllisiin

tarpeisiin.



Sous l’If centenaire, se croisaient des vibrations mêlées

de tous les âges.

Il était à la fois ici et ailleurs, des deux côtés du monde,

Il se rappelait la forêt finlandaise, en même temps

que se couchait le soleil sur la Bourgogne, à Vix,

là où les cultures grecques et celtes dormaient enlacées

depuis plus de 500 ans dans la tombe d’une princesse celte

enterrée avec son char et le cratère de Vix, ce vase grec

en bronze qui est la plus grande pièce antique jamais trouvée…



- Et découverte le jour de ta naissance…

lui souffla la voix alerte de Flora,

celle qui apprenait à siffler aux merles,

qui parlait à tout ce qui volait

et dont les yeux bleus reflétaient la mer

des rivages lointains et froids.



Sa grande sœur suivait.

Elle était belle comme les flammes, mais déjà si sage.

Ce n’est pas qu’il avait peur d’elles,

mais souvent il était impressionné

par les grâces dont elles avaient héritées.



24.12.2008

Vixen (2)

3 images d'aurores polaires de saturne 16 02 2005.jpg

Aurores polaires de Saturne



Son esprit partait dans des mondes inconnus,

là où les hommes travaillaient, mangeaient et dormaient.

L’arbre magique le protégeait des mauvaises pensées,

du stress né de son amour des autres, de tous les autres,

les enfants de la race Celte, d’hier et d’aujourd’hui.



C’était le dernier Hyperboréen, il pensait à ses amis Grecs,

d’il y a quelques temps, à Xénophon, Callisthène et Théopompe.

Comment tous les quatre ils s’amusaient en plagiant

des chapitres de l’Homme qui n’existait pas,

appelé parfois Homère.



A chaque fois Xénophon ne pouvait s’empêcher

de citer son maître Platon que la soi-disant guerre de Troie

faisait s’étouffer de rire.



L’homme assis sous l’arbre sacré pensait à l’histoire de l’écriture

et aux destins étonnamment ressemblant de tous les peuples.

Il avait vu avec beaucoup d’amusement mais aussi de plaisir,

tous les ouvrages, les articles les expositions consacrés

aux anciens Celtes, les spécialistes insistant et grossissant

les particularités de chaque civilisation.



Mais les différences étaient quand même minimes entre les

peuples venus d’ailleurs qui ont peuplé l’Europe d’aujourd’hui.



Par exemple on a souvent opposé les Celtes,

peuple de guerriers aux Grecs, les intellectuels cultivés

du monde ancien.



Et pourtant, comme aujourd’hui, les lecteurs du Monde

sont souvent les mêmes que les lecteurs de l’Equipe,

à cette époque les meilleurs amis et les plus grands

connaisseurs du monde Celte sont les Grecs

chez qui le soleil allait déjà se coucher au-delà du monde

dans le pays des Hyperboréens,

le monde du froid et de la glace dont nous venons.



Les mots qui nous relient, les mots vivant qui circulent

entre nous qui sont les cellules du sang qui me relient

à mes deux princesses encore plus celtes que leur mère

l’Invisible qui seront bientôt là près de moi.



Il se leva lentement et ferma les yeux.

A travers les nuages noirs bordés de gris

Il voyait ses filles dans le TGV qui arrivait bientôt

gare Montparnasse.



Comme d’habitude elles se partageaient entre

leur téléphone et leur ordi portables.

Elles administraient leurs sites presque magiques.



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