16.02.2009
Vixen : Sur les flots (2)

Tu fais un pas, ta main sur mon bras.
Tu t’appuies et tu pèses sur moi,
pour que je te regarde :
« Un peu, s’il te plait, juste un peu…
- Bon alors, je vais te raconter,
mais tu as tort de me faire parler,
Victoria, tu le regretteras !
Bon, alors l’été, la société d’économie mixte
qui gère le port et ses installations emploie
des jeunes titulaires du permis bateau,
pour effectuer le service de rade,
c’est-à-dire emmener et ramener
les plaisanciers de la cale à leur bateau.
Je j’ai fait souvent, quand j’étais étudiant,
soit ici, soit au Port Blanc,
en face l’Ile aux Moines.
Cela me rappelle plein de souvenirs tu sais le coin.
C’est dix ans de ma vie où je venais là tous les étés.
- tu regrettes ?
- Je ne sais pas, je ne crois pas…
Non, c’est que j’ai plein de souvenirs
et pratiquement que des bons souvenirs.
La vie, l’amour, les blessures,
les gens célèbres et les copains
qui le sont moins.
Le temps souvent instable et variable,
c’est quand même la Bretagne.
- Et les femmes ?
Tu dois avoir des tas de souvenirs,
de conquêtes ou d’envies ! »
Et tu rigoles, et tu te moques de moi,
comme tu as bien raison, continues, c’est bon.
« Non les femmes pas trop.
J’étais un peu amoureux de la mère de S,
mais j’étais sage, relativement sage,
jusqu’au jour… où une tornade italienne
est venue bouleverser nos vies !
- Et alors, raconte, raconte moi… »
Comment résister à tes grands yeux,
tu es trop belle pour moi, rien à faire…
Je ferme les yeux puis te regarde
avec mon plus beau sourire,
« demain, mon ange, je te raconterai demain,
c’est trop long et puis… on arrive. »
Tu regardas bouche bée,
le spectacle était impressionnant.
Devant nous l’énorme rocher
de granit émergeait de la nuit.
La masse sombre des grands conifères
laissait planer une ombre
tandis que le caillou en forme de baleine
n’en finissait plus de s’allonger.
01:00 Publié dans Vixen | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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