16.02.2009

Vixen : Sur les flots (3)

aoùt 2006 Golf 1.jpg



« - Que c’est grand, de loin on aurait jamais cru,

et toute cette végétation !

- Oui l’île doit faire environ cinq hectares

et tous les ans depuis cinquante ans,

une centaine d’arbres sont plantés …



- Ca me plait bien, tu sais et euh on atterrit où ?

- Nous allons amerrir derrière,

il y a un mouillage mieux abrité. »



L’œil sur le sonar, pour repérer les cailloux,

je contournais l’île par bâbord

pour pénétrer dans une crique

complètement à l’abri du vent.



Comme un grand, je m’amusai à prendre la bouée

du corps mort, du premier coup, en laissant le bateau

venir mourir sur son erre, pour s’arrêter

le nez sur la grosse bouée jaune phosphorescente.



« Viens Vixen, donnes moi la main »

je t’attendais dans le joli youyou en bois verni.



« Les deux, je te donne les deux mains

et je ne veux plus que tu me lâches »



Je t’aidais à t’asseoir dans la minuscule embarcation

et en quelques coups de rames nous atteignîmes le rivage.



Tu te chargeas du sac de voyage,

pendant que je remontais le youyou

en haut de la plage.



Tu étais restée au bord de l’eau et j’allais te chercher

pour te débarrasser de notre bagage,

lorsque je vis tes larmes.



« Vixen, non, je ne veux pas que tu pleures ! »



Tu me regardas à travers tes mèches défaites

et le sourire de tes yeux mouillés me dit

de ne pas m’inquiéter.



« Ce n’est rien, c’est juste de me sentir bien,

ici, avec toi…

C’est juste ce clair obscur de lune.

C’est juste ça. »



Commentaires

Moreta / Site web (20.6.05 08:27)
Larmes de bonheur, bonheur un peu teinté de tristesse mais bonheur partagé.
Bonne journée

LPSP (20.6.05 11:05)
Ciao, liseuse Moreta,
Je suis comme toi, j'aime bien la chute, c'est pas mal et puis les femmes ça pleure tout le temps (quand elles ne rient pas !)
Bonne journée anche tu.
Ciao, ciao.

Vixen : Sur les flots (2)

Angelina sur les flots.jpg




Tu fais un pas, ta main sur mon bras.

Tu t’appuies et tu pèses sur moi,

pour que je te regarde :



« Un peu, s’il te plait, juste un peu…

- Bon alors, je vais te raconter,

mais tu as tort de me faire parler,

Victoria, tu le regretteras !



Bon, alors l’été, la société d’économie mixte

qui gère le port et ses installations emploie

des jeunes titulaires du permis bateau,

pour effectuer le service de rade,

c’est-à-dire emmener et ramener

les plaisanciers de la cale à leur bateau.



Je j’ai fait souvent, quand j’étais étudiant,

soit ici, soit au Port Blanc,

en face l’Ile aux Moines.

Cela me rappelle plein de souvenirs tu sais le coin.

C’est dix ans de ma vie où je venais là tous les étés.



- tu regrettes ?

- Je ne sais pas, je ne crois pas…

Non, c’est que j’ai plein de souvenirs

et pratiquement que des bons souvenirs.



La vie, l’amour, les blessures,

les gens célèbres et les copains

qui le sont moins.

Le temps souvent instable et variable,

c’est quand même la Bretagne.



- Et les femmes ?

Tu dois avoir des tas de souvenirs,

de conquêtes ou d’envies ! »

Et tu rigoles, et tu te moques de moi,

comme tu as bien raison, continues, c’est bon.



« Non les femmes pas trop.

J’étais un peu amoureux de la mère de S,

mais j’étais sage, relativement sage,

jusqu’au jour… où une tornade italienne

est venue bouleverser nos vies !



- Et alors, raconte, raconte moi… »

Comment résister à tes grands yeux,

tu es trop belle pour moi, rien à faire…



Je ferme les yeux puis te regarde

avec mon plus beau sourire,

« demain, mon ange, je te raconterai demain,

c’est trop long et puis… on arrive. »



Tu regardas bouche bée,

le spectacle était impressionnant.

Devant nous l’énorme rocher

de granit émergeait de la nuit.



La masse sombre des grands conifères

laissait planer une ombre

tandis que le caillou en forme de baleine

n’en finissait plus de s’allonger.




Vixen : Sur les flots (1)

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Retrouvant avec délice le ronronnement du moteur Coache

Marine à essence, je mis en marche avant en tournant

la roue de direction jusqu’à la butée, bâbord toute,

pour dégager l’avant de la vedette du quai de granit.



Après un dernier signe à Dominique qui nous regardait partir,

je poussais un profond ouf intérieur de soulagement.

Je me sentais tellement bien.

La tension qui habitait ces dernières heures

commençait à reculer.



Le bruit du moteur résonnait dans ma tête

comme un poème marin,

je laisser filer le bateau au ralenti,

jusqu’à la sortie du port.



Passée la dernière bouée bâbord,

Je mis progressivement les gaz.

La lourde vedette se cabra et son étrave

commença à hacher le clapot.



La mer descendait et le vent se levait.

J’entendis le bruit sourd des bottes jaunes

tandis que tu me rejoignais dans le carré surélevé

où se tenait le poste de pilotage.



« Alors Grande fille, tu vas bien, tu n’as pas froid ?

- Non, tout va bien…. Je voulais te demander….

et quand Dominique n’est pas là, ils font comment les gens

pour aller chercher leur bateau ?... Ils vont à la nage ? »



Tu me regardais de tes yeux rieurs.

Tu étais sage comme une petite fille,

les mains derrière le dos.

J’étais là, avec toi, follement heureux de ce bonheur

volé à la vie, de ces moments inespérés.



J’accélérais encore…Et je regardais songeur,

l’expression douce de ton visage apaisé.

Je me sentais

plein de souvenirs et de soupirs et de soucis,

troublé, lointain et près des étoiles.



« Regardes le ciel, mon Bébé.

Vois cette beauté,

on dirait que les étoiles jouent à saute mouton avec les nuages !

Tu sais que je n’aime pas parler de moi,

tu sais bien,

c’est comme une blessure,… »




15.02.2009

Vixen : le paradis dans la mer (3)

Caspar David Friedrich Le Capucin au bord de la mer.jpg

Le Capucin au bord de la mer par Caspar David Friedrich



Tiens, voilà Dominique, il va nous aider.

Bonsoir Dominique, je te présente Vixen,

ma troisième fille !

- Enchanté Princesse » dit l’homme

aux cheveux très longs, vêtu comme un marin.



« Tiens Dominique, je te donne les clefs,

ça t’ennuie d’aller chercher le bateau ?

- Mais non, tu sais bien que j’adore

la manœuvrer cette vieille bête… »



Il faisait bon, sur le quai, aucun souffle d’air,

la mer était étale.

Le ciel immensément noir était parsemé d’étoiles.

La mer était d’un gris plus soutenu que le ciel.



Quand Albert entendit le teuf - teuf anachronique

de la trop belle vedette en bois, son cœur chavira,

tellement il était attaché à ce bijou marin

en acajou orné de cuivres et de laiton.



Dominique accosta comme un habitué des lieux,

la cale était son domaine,

ils prirent place à bord et Vixen était tellement émue

qu’elle embrassa le pauvre garçon timide

sur les deux joues pour le remercier.



Troublé, il bégaya un haut revoir joyeux.

Elle sut plus tard, que ce soir là,

entre le petit clapot et la lune,

elle avait embrassé un prodige des mathématiques…



15.6.05 02:44 6 Commentaires

Moreta (15.6.05 15:55)
Réjouissant.
LPSP (15.6.05 16:14)
Oui, pour une fois, ce n'est pas trop tristounet...
Bises.

Eole (15.6.05 20:27)
c'est tout simplement magnifique! J'aime beaucoup ta façon d'écrire, cette simplicité travaillée ...
LPSP (16.6.05 12:39)
Eole tu es trop gentille et too much mignonne.
C'est vrai que je recherche la simplicité dans l'écriture mais malheureusement elle n'est pas travaillée. Tout ce qui figure sur ce blog à l'exception de la Route bleue et de la Femme panthère, est du premier jet, spontané, même pas relu.
Donc, j'ai encore la possibilité de m'améliorer, tu ne crois pas ?
Tendresse de jour.

Eole (16.6.05 13:42)
Si c'est le cas, ne te prive pas d'améliorations! Ce que je veux dire c'est que tu as des tournures de phrases justes, qui me plaisent dès le premier jet...
LPSP (16.6.05 15:30)
Encore, encore !
Eh oui Maîtresse Eole, j'adore les compliments et les caresses et je me roule par terre, comme mon chien faisait.
Vas-y c'est bon, je suis prêt, derrière les oreilles, hum, hum, que c'est bon.
T. Y. V. M. Lovely Girl

Vixen : le paradis dans la mer (2)

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Joseph Mallord William Turner



Il est 19h30, dans la cour d’honneur du château,

le gravier roule sous nos pas impatients.

Le ciel est superbe, gris souris et bleu azur,

marbré de nuages blancs distendus à force de s’étirer.



Après avoir refermé la lourde grille, je regarde ému

la haute façade imposante en me disant que peut être,

je ne la reverrais plus…

C’est tellement bizarre la vie, de nos jours.



Nous prenons la jolie petite route qui tortille dans la campagne.

La mer est toute proche mais on ne la voit pas.

« Tiens, on arrive à la Cale »

Après un dernier virage aussi majestueux que dangereux,

le ruban noir débouche sur le spectacle grandiose

du coucher de soleil sur le Golf, à marée haute.



« OH, que c’est beau » et tu te redresses sur ton siège,

comme une petite fille qui ne veut pas rater une miette

du spectacle.

Je trouve une place en face de la mer

que tu regardes fascinée.

Je te regarde, tu es si belle dans ce clair obscur de lune.



Je sors le sac de voyage que S nous a préparé

et je te rejoins près du parapet qui entoure le port.

« Tu n’as pas froid, Vixen, tu veux ma veste ?

- non merci »

et tu attrapes ma main, mon bras,



« Dis, pourquoi tu fais ça pour moi, pourquoi ?

Je ne mérite pas tout ça !

- Si, Petite fille, tu le mérites et puis ça me fait plaisir,

c’est aussi simple que ça ! »



Tes yeux brillaient comme des diamants noirs

et tu serrais ma main très fort.

« Bon, alors, on va où ?



- On va juste en face, là,

sur la Grande Ile que tu vois.

Ca a l’air près comme ça, mais il faut bien compter

une demi d’heure, pour traverser.



Vixen : le paradis dans la mer (1)

pied.jpg



Je laissais ma troisième princesse, finir de s’habiller.

En descendant les étages, je me rappelais comment

je l’avais retrouvée, aussi bête et génial que ça,

en utilisant les favoris de son blog.



Avec la volonté de mon espoir fou, j’ai écrit,

envoyé des mails, téléphoné pour finalement obtenir

l’adresse de sa mère où elle était réfugiée comme

un oiseau blessé.



C’est fou, je suis fou se dit Albert,

en se regardant dans un miroir vénitien du 17ème.

« Oui, qu’est-ce que je fais là ? That is the question ? »



J’avais envie de pleurer tellement j’étais ému,

tellement j’avais peur qu’elle soit déçue, qu’elle s’ennuie

et qu’elle souhaite repartir au bout de deux jours…

« Tout va bien, tout va bien, tout va bien se passer ! ».



Ayant trouvé ce que je cherchais, je me hâte de te rejoindre.

Debout devant la glace, tu finis de te recoiffer.

« Tiens, assieds toi » et je lui montre la magnifique paire

de bottes de bateau jaunes.

« Mais….

- il n’y a pas de mais qui tienne, tu emmènes tes chaussures,

mais tu enfiles les bottes pour la traversée.

- Bon. »



Je défais les lacets de tes Converses mauves

que j’enlève délicatement de tes pieds glacés.

A genoux, devant toi, je glisse tes pieds gelés

sous mon pull, contre mon ventre pour les réchauffer.



Tu trouves ça normal, tu trouves tout normal.

Tu me souris.

Je suis aux anges.

J’aimerais bien embrasser tes jolis pieds

mais je n’ose pas.



Après avoir habillé tes pieds de grosses chaussettes

en laine, je t’aide à enfiler les bottes et nous partons.


Vixen : Un air salé (3)

Réflexion.jpg




C’est une folie de t’avoir amenée ici,

comme ça, en laissant tout tomber.

Mais en même je sais que je dois le faire.



Une semaine loin de tes tourments c’est peu,

c’est vrai, mais j’ose croire que ça sera

comme un petit galet que tu garderas dans ta poche.



Tu t’approches de moi, tes yeux sourient

et tu te jettes dans mes bras.



Tu sembles heureuse comme une petite fille,

tu me serres dans tes bras, je te regarde :



« Petite fille, j’ai envie de toi …

- Je sais, plus tard.»



Tu mets un doigt sur mes lèvres,

puis goulûment et sagement en même temps,

tu m’embrasses sans retenue

et je comprends que tu me dis merci,

d’être là, pour toi…



Commentaires

Moreta / Site web (13.6.05 18:26)
Etre là pour quelqu'un, source de bonheur partagé.
Bonne soirée

LPSP (13.6.05 23:04)
Etre là pour quelqu'un qui t'aime toujours moins que toi, c'est aussi, une belle source de souffrance, pas trop partagée.
Bises.

Marie C. (14.6.05 01:31)
Magnifique...

LPSP (14.6.05 10:40)
Marie,
Tu es trop gentille et tes visites me ravissent, car tu lis.
Je me demandais si j'allais écrire la suite, maintenant je sais...
Merci pour la douceur et pour tes mots.
@}>~~>~~


Vixen : Un air salé (2)

aoùt 2006 Maison 1.jpg




Tu monteras l’escalier monumental en granit.

Tu t’arrêteras à chaque demi-étage

pour admirer le paysage de la lande d’un coté,

de la mer de l’autre.



Au troisième étage, nous irons

dans mon ancienne chambre,

prendre les affaires préparées par S.



Au dessus du sac de voyage une lettre pour moi,

calligraphiée à l’encre de chine.

Les clefs du bateau et de la maison.



J’ai envie de toi, tout à coup, le froid,

la fatigue, la faim, je ne sais pourquoi.

Peut être parce que pour la première fois je te vois.

Tu te regardes dans le beau miroir Louis XV.



Je suis surpris par ton calme

et par la nouvelle sérénité qui habite ta silhouette.

Tu me regardes te regarder.

Amusée tu me parles « Ca va,

les nouvelles sont bonnes, tu te sens bien ?»



Je suis totalement ému par ta douceur et ta gentillesse

et mes yeux commencent à devenir humides.

Je suis trop heureux, d’être arrivé là,

de te voir enfin sans aucun masque de mélancolie.



Vixen : Un air salé (1)

Angelina Jolie Air salé.jpg




Quand je t’aurais adoptée,

j’irais te chercher.

Je ne sais pas où, ni comment,

mais je partirai.



A pieds sur les routes,

je traverserai les forêts de France

pour te prendre, t’approcher,

te supplier.



Je ne veux plus entendre ta souffrance,

je veux que le vent marin lave ta tête

et déconnecte ton cerveau

de toutes ces légèretés

dont tu es l’esclave,

jour après nuit.



Tu n’as plus l’âge de t’ennuyer.

Tu n’as pas encore atteint cette étape

où l’Amour tue les racines de l’être.



Tu as simplement l’âge pour aimer vivre,

à ta façon, avec passion.

Sous la pluie je vais aller te chercher.



S. est prévenue, nous irons au Château.

Nous sécherons tes larmes et tes cheveux.

Tu me regarderas hésitante

et je prendrai ta main glacée

et qui tremble.



Vixen à la mer : Victoria

Etude tête de jeune fille.jpg

Etude de tête de jeune fille par William Adolphe Bouguereau


Pour finir cette série de Vixen, trois notes

qui concernent la Vixen d’aujourd’hui

que parfois j’appelais Victoria.



Dans ces trois textes

Le paradis dans la mer ; Sur les flots et Un air salé,

j’entraine Vixen avec moi sur la mer intérieure

du pays de là-bas quand les bateaux

étaient encore en bois, avec des moteurs

qui ronronnent et des cuivres qui vieillissent.



Et puis pour plonger une dernière fois

dans la nostalgie des mots échangés et parfois

murmurés, nos premiers signes :


Le dimanche 20 février 2005 à 15:27,

j’avais écrit pour la première fois à Vixen :

"Bonjour,

Je te remercie pour ton mot de bienvenue.

Tu m'as fait un très grand plaisir car je viens d'arriver

sur 20six et tu es mon premier signe de vie.

J'espère que tu te soignes correctement

et que tu seras bientôt guérite.

Pour te remercier avec mes mots,

ma prochaine note sera pour toi.

Ciao, ciao

LaPorteSansPorte"


qui m’avait répondu le même jour à 23:54 :

"De rien ! ça m'a fait plaisir ton commentaire,

vraiment ça me touche beaucoup...

on y pense pas assez mais c'est dur de poster...

je me soigne bien, je vais être bientôt en forme, obligé !

à bientôt,

vixen"


Lundi 29 décembre 2008

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