23.06.2009

Mots de l’année 1 - Mots de janvier

Saint Lunaire - Copie.jpg




Lundi 19 janvier

Si tout le monde était heureux, les écrivains seraient tristes


Mardi 20 janvier

De dos, elle ressemblait à une petite mémère de 30 ans,
mais ses yeux …
Un regard pathétique, fragile, dur et peureux.
Teint mat, yeux clairs.
La femme de 12h30,
que je perds et que je retrouve,
comme la mer qui vient et puis qui
se couche,
lasse.
Le même pantalon droit,
le même imper étriqué, sec,
un sac, des chaussures.

La Panzer division.
Elles avaient toutes des noms :
Claudia, Julia, Fanny, Anne-Rose, Carola,
et une force impénétrable, indestructible.
Elles avaient des chaussures, aussi.


Jeudi 22 janvier 12h00

Coup de téléphone,
colère. Ca fait du bien. Apaisement,
relâchement.

14h30
Visions.
La Hune.
Saint Germain 86 triste.
Un gros lard merdique a du mal à sortir de sa Cadillac,
plein de gens partout ou seulement quelques uns,
ce qui est encore plus précieux.
On ne les reconnaît pas,
ce serait si facile de se souvenir.
Ils sont loin les rêves
et le dérisoire désir de puissance est parti,
c’est mieux comme ça, non ?
Un jour, une chevelure de lionne,
elle était rayonnante,
je dois écrire,
86.
J’attends, près du banc rituel. L’église de
Saint Germain des Prés est floue.
L’attente est sage et froide.
Le 86 arrive. C’est le bulldog qui conduit.
Mon regard croise un manteau de lapin blanc.
Je vais me réfugier au fond. J’ouvre le cartable
noir, je sors le cahier de brouillon :
« prof dans un lycée ».

17.4.05 02:37 10 Commentaires

Marie C. (17.4.05 02:40)
Sympa ça !
Rien à voir mais dans la liste de tes favoris, il y a Saint-Lunaire. Sans lien. Sourires. Mais tu peux le retrouver chez moi...

LPSP (17.4.05 03:03)
J'ai eu peur! Tu as bien fait de me le signaler. Et je te remercie. Je pense que j'avais bêtement oublié de saisir l'adresse. J'ai rectifié, ça marche.
Je suis quand même inquiet car il n'a rien publié depuis le 1er février.
Tu sais ou tu vas savoir que je suis très bavard mais j'ai eu de la chance car je connais les blogs depuis peu.
Un jour j'ai tapé "blog" sur un moteur de recherche, il m'a sorti plusieurs noms et j'ai cliqué sur Saint Lunaire car je connais bien cette station balnéaire.
Je suis donc un veinard car j'ai découvert le monde des blogs par Saint Lunaire et Etolane qu'il citait abondamment, je crois que j'ai été gâté par la bonne étoile des blogs.
J'ai réussi à m'arrêter, je suis trop raisonnable !
Ciao, ciao
(enfin presque raisonnable, car j'ai envie d'un bon café!)

Marie C. (17.4.05 13:38)
Café moi aussi mais chez moi c'est l'heure. Oui je n'ai plus de nouvelle de M. St Lunaire depuis longtemps... A suivre... Bon dimanche !

L’insolite insolent (18.4.05 00:08)
Saint-Lunaire, c'est ce petit port breton où il n'y a que des parisiens argentés ? Où l'on va à la « Potinière » boire un verre, avant d'aller danser à « L'Excalibur » ? Où l'on se sent bête au matin d'être si vain quand la mer est si fière ? Ceci en guise d'introduction. Deux autres points restent à débattre : 1) je ne pense pas que si tout le monde était heureux les écrivains seraient tristes. 2) Ca me semble hâtif de traiter de « cons » les aimables passants qui passent.

LPSP (18.4.05 02:13)
Bonjour Marie,
Je te remercie d'être passée me voir à l'heure du café, tu es toujours très aimable.
J'ai vécu un dimanche en noir et blanc car j'avais prévu de passer la journée dans les mots et les amis se sont succédés toute la journée et la soirée à la maison, donc j'ai réussi à écrire un tout petit peu : transcription de mots et un tiers de Vixen; J'ai hâte d'être à demain pour la retrouver.
Bonne nuit, bon réveil, bonne journée.
Ciao, ciao.

LPSP (18.4.05 02:48)
Bonne nuit linsoliteinsolent,
Merci pour ton magnifique commentaire illustré, un jour il faudra m'expliquer comment vous faites pour mettre des images dans les commentaires car je n'y suis pas arrivé.
Saint Lunaire, entre Saint Briac et Dinard est un bel endroit au charme un peu suranné.
Je l'ai beaucoup fréquenté il y a très longtemps.
Je me rappelle de La Potinière, l'Excalibur, j'ai un doute...
Tu as déjà lu les deux notes, et bah dis donc, pour être rapide, t'es un rapide.
Pour ton deuxième point à débattre : je suis globalement d'accord avec toi.
Apparemment j'étais de mauvais poil ce jour là (un peu abattu) et je trouvais tout le monde con sauf les chiens et les bateaux.
Pour le premier point, je persiste et je signe, pour moi le bonheur et l'art font mauvais ménage.
Si tout le monde était complètement et en permanence heureux, les écrivains seraient malheureux car ils n'auraient plus rien à raconter, à part des livres de la bibliothèque rose ou des romans de gare qui peuvent être écrits par des machines, on n'aurait plus besoin d'écrivain, je le pense et en tout cas ça correspond à mon expérience de la vie.
Une vie sans dramaturgie n'a aucun intérêt, donc ce n'est pas la peine de la vivre (à mon avis très personnel) et encore moins de l'écrire.
Il y a sûrement d’autres points d’entrée et d’autres clefs à cette réflexion que je te remercie d’avoir initiée.
Pour résumer mon illustre pensée de façon très directe je dirai :
Le bonheur (ça va bien 5 mn) mais c’est chiant !
Ciao, ciao
P.S. Rassure-toi, je ne prends que du café. J’ai pas l’air, mais je me soigne.

L’insolite insolent (18.4.05 11:05)
Je ne crois pas, cher Porte sans Porte, que le bonheur soit cet état lénifiant que tu décris ! Il me semble que c'est plutôt un état intérieur que certains connaissent même dans une vie qui n'a rien d'un « long fleuve tranquille ». Et je ne crois pas non plus que le malheur soit seul capable d'inspirer les artistes. Est-ce que les infinies nuances des paysages de nos âmes ne mériteraient pas d'être explorées par les créateurs, même si nous étions capables d'être sereins ?
PS: Tu as raison, ce n'est pas l'Excalibur ! Je confondais avec La Chaumière et l'Amirauté

LPSP (18.4.05 12:42)
Bonjour linsoliteinsolent,
Bah dis donc, tu es un véritable génie des blogs, toi !
Bon, si on n'est pas d'accord sur la notion de bonheur, on ne risque pas d'aller loin.
Le bonheur dont je parlais est effectivement cet Etat de béatitude molle qui transforme les êtres humains en nouilles parfumées au chèvrefeuille.
A partir du moment où on parle de quelque chose qui implique une démarche, une recherche vers un Etat quelconque de sérénité, on est dans la vie et on n'est plus dans un long fleuve tranquille et donc on peut décapuchonner nos stylos.
Merci beaucoup, pour ton commentaire plus qu'intéressant.
En plus, c'est tellement beau que je vais finir par les encadrer!
Ciao, ciao.
P.S. Je me rappelle bien La Chaumière où je suis allé pendant de longues années. L'Amirauté ne m'est pas inconnue, mais le souvenir est moins présent.
P.P.S. Ce que j'ai retenu de mon début d'étude du Bouddhisme, c'est que le plus important n'était pas d'être arrivé au stade du bonheur parfait, mais la démarche entreprise, sur la voie du grand chemin.
P.P.P.S. J'ai bien mérité un bon café, tu le prends avec ou sans sucre ?

Giovanna (18.4.05 18:29)
...vous faites chier avec vot'bonheur, pierrot l'a dit de toute façon...le bonheur c'est toujours pour demain...et je confirme, j'ai pas encore trouvé...enfin pas vraiment...c'est à dire que je sens pas encore le chèvrefeuille (franchement j'y tiens pas non plus)

LPSP (19.4.05 00:47)
Jane
Tu es difficile, tu sais.
Ca sent bon le chèvrefeuille.

Commentaires

---> Bonjour,

Ici, cela sent bon la lecture tout comme le chèvrefeuille, mais j'avoue m'y perdre dans les couloirs de votre château où les portes semblent s'être envolées. Sans doute que le silence s'est caché à un endroit que je ne parviens pas à dénicher, mais que cela ne tienne, j'ai passé un agréable moment en ce lieu qui ne laisse pas indifférent celui qui ose s'y promener...

Merci de ne pas mettre de porte, bien chaleureusement, Jack.

Ecrit par : © Jack MAUDELAIRE | 09.03.2009

Bonjour,
Oui c'est vrai, j'aurais peut être dû expliquer qu'il s'agit d'une série de textes sur cinq années consécutives, écrits quand j'étais plus jeune et que j'avais mis en ligne pour la première fois sur 20Six en 2005. J'ai donc conservé les commentaires de l'époque qui pour certains étaient illustrés par des photos ou même des musiques...
Depuis Saint Lunaire a disparu corps et biens mais Etolane est toujours là, over the sea, mon éternelle Reine des Glaces.
Merci pour le commentaire chaleureux, la porte n'a toujours pas de porte...

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 12.03.2009

Exact.
Le bonheur n'est pas à l'arrivée mais pendant que l'on chemine sur...le chemin.
Et comme lorsqu'on marche sur une route montante, sans regarder autre chose que ses pieds parce que ça commence à fatiguer, le bonheur c'est de s'arrêter et de mesurer le chemin parcouru.Pas celui qui reste à parcourir.
Alors, on se dit, ''C'est pas mal, tout de même, tout ce que j'ai fait.''
Et même si ce n'est qu'un peu.
Le bonheur c'est marcher.
Même un peu.
S'arrêter.
Même un peu.
Le bonheur c'est construire.
Même un peu.
C'est donner.
Même un peu.
C'est aider.
Même un peu.
C'est écouter.
Même un peu.
C'est parler.
Même un peu.
C'est aimer aussi et surtout.
Et pas qu'un peu.
Si l'on peut.
Mais si on fait beaucoup de tout ça, c'est pas mal non plus.

Ecrit par : caron | 17.04.2009

Merci pour ces lignes de bonheur
qui m'évoquent une forme de pensée Zen,
dans une mouvance plutôt constructiviste.
Belles journées, là où les montagnes se perdent dans les nuages.

Ecrit par : LaPorteSansPorte | 17.04.2009

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