23.06.2009
Mots de l’année 1 - Mots de février

Le Pavillon de Flore et le quai des Tuileries
Le 2 février
Assis sur un banc,
au bord de la Seine.
12h30
A côté du Pont Royal, en face de la Gare d’Orsay.
Un cocker vient de passer,
des goélands remontent le courant,
un gros bateau mouche « Le Rhône ».
Le soleil est si fort que je peux à peine ouvrir les yeux.
Le soleil est tout blanc.
Un petit chien, dans le sens du courant,
il me regarde et continue.
Beaucoup de bruit, un grondement
sourd et pénétrant.
Heureusement, une belle brume bleutée
enveloppe tout.
Un super bateau mouche
qui parle dans toutes les langues.
Il y a juste dix personnes dedans.
J’ai à peine le temps de les compter
car il est passé très vite.
Une péniche lutte contre le courant.
Deux filles passent, bêtes et moches.
La péniche a du mal.
Le bruit de son moteur est une symphonie
lourde, mais pleine de force et de rêve.
Le soleil me fait du bien,
une petite brise aussi.
La péniche en tire une deuxième
avec un très long câble.
Elles ont chacune une petite Renault
coincée entre le roof et la chaloupe suspendue à l’arrière.
Des mouettes rieuses les accompagnent
en silence, respectueuses.
Une troisième péniche est amarrée derrière la deuxième.
Ensuite, vient un gros pousseur,
avec des petits tas de sable.
Le cocker vient de repasser.
J’ai de la chance,
car il y a des jours (des heures) sans péniche.
Deux belles filles blondes, avec des hauts talons.
C’est assez rare sur les quais.
Malheureusement, elles sont parties de l’autre côté.
Les deux filles de tout à l’heure,
elles ont l’air moins bête.
La plus grande porte son manteau sur le bras
et me sourit,
elle est plus jolie et sa poitrine plus agressive.
Un pousseur arrive tout seul.
C’est assez impressionnant.
Il a l’air d’hésiter.
Peut-être va-t-il aider une péniche,
on dirait qu’il surveille.
Le pilote donne des coups d’accélérateur
comme sur une voiture de sport.
Une belle péniche passe avec aisance,
sous le Pont Royal. Elle s’appelle Noël.
Son moteur ronronne tout doucement,
comme un petit bateau de pêche
breton (je ne connais pas les autres).
Elle est très haute sur l’eau, car vide.
Sa proue est impressionnante.
Trois connards cinquantenaires passent.
Ils ont peur de se mouiller les pieds.
Il y a des touristes partout, même
au bord de la Seine.
- Non, mais je sais,
- Si tu veux,
- J’sais pas …
Une conne avec des hauts talons
en train de philosopher avec son
petit copain, en toute simplicité.
Une demi-heure de rêve et de chaleur.
C’est fini, il est bientôt 13h.
Il y a moins de brume,
je peux sortir, remonter à la surface.
J’aurai assez d’oxygène.
13:30 Publié dans Mots de l'année | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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