23.06.2009

Mots de l’année 1 - Encore des mots de mai

Train de mai.JPG





Le 29 mai


Le train appelait chez lui

le souvenir d’un autre voyage.

Celui qu’il avait fait à travers

La modification de Michel Butor.


Drôle de livre acheté chez un bouquiniste,

a une couverture désopilante de jeu de cartes.

Mais le contenu, quelle lumière,

quelle puissance dans l’écriture de la vie, d’une vie.


Epinay Sur Orge,

un peu plus la campagne,

un peu moins la banlieue.


Des grenouilles dans le ventre,

tu es bien assez gros pensait Arthur

qui était agacé par cette espèce de ballonnement.


Sainte Geneviève des Bois,

quel beau nom pour une mer de poubelles.


Arthur, sans femme en ce moment,

sans envie de femme,

ou si, mais à côté, autour de lui,

et lui, à l’intérieur de ce cercle magique

de la tendresse et de la pensée.


Pas de femme dans ce train.

Mais des gens détendus, vivants.


Des jeunes et des vieux,

bien dans leur train.


Contents de rentrer chez eux,

ou d’aller ailleurs.


De plus en plus d’arbres.

Arthur seul sur sa banquette.

Il aimait ça.

Il se sentait alors plus proche des gens

que quand il les sentait trop près.


Un couple d’africains, sur la banquette

de l’autre côté du passage central.

Une femme et un enfant,

elle bleue, lui blanc,

merveilleux de naturel, d’aisance.

Ils sont toujours en Afrique.


Lui, en face de sa femme, est vêtu à l’européenne,

tristement, marron et gris.

Sa tête aussi, a une couleur terne,

d’Européen banlieusard.

Il a une expression d’enfant sur le visage.

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