21.07.2009

Mots de l’année 3 - Mots de mars

Angie aux yeux d'or.jpg

Angie aux yeux d'or

 

 

 

 

Le 3 mars

 

Les recherches d’emploi d’Arthur

 

étaient encore une fois sur le point d’aboutir.

 

 

Cette souffrance perpétuelle,

 

cette impression de courir dans le vide,

 

après quoi ?

 

On ne sait plus très bien.

 

 

Il avait appris à rédiger un C. V.

 

et répondu à des centaines d’annonces.

 

Plusieurs fois, il avait été tout près d’aboutir.

 

 

Mais à chaque fois,

 

il y avait un petit quelque chose qui clochait.

 

Ou bien, il s’endormait le soir plein d’espoir

 

et, le lendemain matin, un télégramme annulait tout.

 

 

 

Le 6 mars

 

On était au tout début du mois de mars

 

et une fois de plus ;

 

Arthur était convoqué par un Cabinet de recrutement.

 

 

Cette fois ci, ce n’était pour passer des tests,

 

non, il avait l’honneur d’être convié

 

à une réunion d’information sur une caisse de retraite,

 

en présence du Directeur de celle-ci.

 

 

Ils étaient douze dans la même situation que lui.

 

La mécanique était parfaitement rodée,

 

présentation du directeur de la société

 

par une conseillère du cabinet.

 

 

Présentation de la société par le directeur,

 

puis questions aussi idiotes que possibles

 

des douze invités sauf un,

 

puisque Arthur ne posa pas de question,

 

ce qui fut remarqué.

 

 

En sortant de là, Arthur était aussi désemparé

 

que deux heures auparavant.

 

Il était écoeuré de ce style de réunion :

 

silence, absorption, question.

 

 

Le matin même, une compagnie pétrolière

 

en laquelle il avait porté beaucoup d’espoir

 

avait tiré un trait définitif sur sa candidature

 

et lui avait renvoyé son portrait.

 

 

 

Le 9 mars

 

Voilà sa vie, costume, cravate, photos ;

 

costume, cravate, entretiens…

 

Et ça n’en finissait pas.

 

 

En rentrant chez lui,

 

Arthur pestait :

 

quel clown, quel travail

 

et quel métier de clown.

 

 

A midi, en prenant rituellement le métro,

 

il retrouva la femme aux yeux d’or

 

et puis il replongea à quatorze heures,

 

dans le silence de l’écriture, véhiculé par le 86.

 

 

 

 

 

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