21.07.2009

Mots de l’année 3 - Mots d'avril

Felix Vallotton 1865-1925.jpg

Felix Valloton 1865 - 1925 

 

 

Le 4 avril

 

Moins d’une semaine plus tard,

Arthur fut convoqué de nouveau

par le même cabinet de recrutement,

il eut droit aux tests et à l’entretien.

 

Quelques jours passèrent

et il apprit que sa candidature était retenue.

 

Dans cette même période,

Arthur venait de se voir proposer

une place tout aussi intéressante,

dans une société d’informatique.

 

Mais, comme il avait été introduit par piston,

cela lui déplaisait un peu,

aussi, il accepta l’invitation du Directeur de la Caisse

à un rendez-vous dans ses murs.

 

Le jour dit, Arthur se trouva en présence d’un homme,

assez corpulent, presque chauve, la cinquantaine aimable

mais le sourire de l’homme était forcé,

ce qu’Arthur mis sur le compte d’une certaine timidité.

 

Ils parlèrent de gros sous

et Arthur était finalement assez content,

il s’en sortait assez bien.

 

Ensuite, le Directeur lui annonça qu’il allait rencontrer

les cadres de l’entreprise.

Arthur suivit son Directeur à travers des couloirs,

ils changèrent d’étage.

 

Et, Arthur lors de cette première prise de contact

ne remarqua rien de singulier,

à ce détail près, que le chef

ne saluait pas les employés qu’ils rencontraient.

 

Ils arrivèrent dans une grande salle,

pompeusement arrangée

et s’assirent sagement,

comme de bonnes sardines sans huile.

 

Là, Arthur éprouva son premier choc.

Pour lui, un cadre, c’était quelque chose qui se tenait,

mais là, il était cerné par une majorité de femmes

dont le style allait de la marchande de poissons

à la vieille fille desséchée.

 

Arthur enregistra et absorba tout cela,

comme tout ce qui suivit.

 

C’était son premier poste important,

son premier vrai travail avec des responsabilités

et il avait à cœur de mériter

le bon salaire qui lui était versé.

 

 

Le 6 avril

 

Jour après jour,

il s’installait dans un cauchemard quotidien.

Il était dans un panier de crabes

où se jouaient des parties de cache cache

qui ne l’intéressaient guère.

 

Mais, cette médiocrité au ras de la moquette,

commençait à lui peser singulièrement.

 

La personnalité du chef était assez complexe,

c’était à priori un bon gestionnaire

mais il était d’une dureté extraordinaire

avec son personnel, d’ailleurs essentiellement féminin.

 

Arthur découvrit ainsi

que le travail au rendement

existait toujours

et dans le secteur tertiaire en plus !

 

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