21.07.2009

Mots de l’année 3 - Mots de septembre

 

Une sculpture dans une galerie à Bruges Aout 2007.jpg

Une sculpture dans une galerie à Bruges, en aout 2007 

 

 

Le 1er septembre

 

En septembre, Arthur regretta

de ne pas avoir pris de vacances,

sa lassitude était extrême,

et, il acquis la certitude

qu’il allait bientôt quitter son job.

 

Il avait espéré que l’absence du Chef

lui aurait permis de se mettre en valeur

mais il n’était pas assez reptile,

ne sachant ni ramper, ni siffler,

pour arriver à ses fins.

 

Avant de partir, il joua quand même

un bon tour au Chef.

Peu après son engagement,

celui-ci lui avait désigné un ennemi à abattre,

une femme d’une cinquantaine d’années,

cadre, qu’Arthur devait enfoncer

et reléguer dans les bas fonds.

 

Elle était soi-disant nuisible.

Arthur avait bien essayé au début,

mais le cœur n’y était pas et ça le dégoûtait.

 

Aussi, après une période de paix relative,

il en était même arrivé,

à trouver des terrains d’entente avec elle

et, à la fin, ils étaient devenus inséparables.

 

Le Chef grinçait des dents quand il les voyait ensemble.

 

 

Le 15 septembre

 

Arthur résolut de donner sa démission

en Décembre.

Les derniers mois furent très pénibles,

d’autant plus que, parmi le nombreux

personnel féminin,

une dingue s’était amourachée de lui.

 

Elle le faisait chanter,

en menaçant à tout bout de champ,

de faire du scandale.

Pour Arthur qui était Chef du Personnel,

la situation était on ne peut plus critique.

 

Il rasait les murs et s’enfermait

dans son bureau, dès qu’il pouvait.

Enfin, le jour tant attendu arriva,

il échappa au pot de départ

et au traditionnel cadeau.

 

Il fit des adieux chaleureux au coursier,

la seule personne qu’il trouvait respectable

dans cette maison.

 

Il avait rangé ses affaires et finissait ses adieux

à une des vipères de la Direction,

quand le téléphone sonna.

 

La vieille fille lui passa le combiné

en lui jetant un regard noir :

« C’est pour vous !

- Merci » dit Arthur distraitement.

 

Au début, il ne comprit pas tout de suite

qui c’était, mais quand il reconnut la voix

de la dingue, il bafouilla :

« Non, vous faites erreur, Madame. »

Il raccrocha précipitamment,

tout en transpirant à grosses gouttes.

 

Là-dessus, il partit sur les chapeaux de roue,

dévala l’escalier,

et commença à apprécier sa liberté,

dans le métro qui le ramenait à la maison.

 

 

 

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