23.06.2009

Mots de l’année 1 - Mots d'octobre

diane-lane-22.jpg


Diane Lane


Le 18 octobre

Alice se réveilla paresseusement,

doucement.

Elle croisa et décroisa les jambes,

se retourna, remonta les draps.


Après un dernier sursaut,

elle sortit du lit, légère, féline.


Il faisait chaud, le mois d’août,

Paris, la fenêtre était ouverte,

une brise tiède montait

jusqu’au 6ème étage de la résidence.


Elle commençait à se sentir vivre,

elle sentait la chaleur monter en elle.

Elle avait envie

d’aller dans la salle de bains.


Mais elle attendait, pour profiter encore un peu

de la chaleur blanche de sa chambre.


Et puis, Carola était là.

Carola très polie, un peu froide.


Avec dans les yeux, une certaine interrogation

qui était peut être de l’impertinence ou du mépris

pour Alice, jeune femme de cadre supérieur,

absent sept mois par an de chez lui.


Alice faisait garder sa fille par Carola.

Au début, elle espérait un peu,

sans trop y croire

qu’elles seraient non pas amies, mais complices.


Alice avait vingt neuf ans, Carola dix sept.

Alice était blonde et vive,

Carola était brune et pure,

ses grands yeux bleus étaient pleins de tendresse

pour Sophie et ses six ans.

Mots de l’année 1 - Mots d'Août

Graines 1959.jpg


Graines 1959 par Saul Leiter




Le 21 août

Cinq mois après,
oui et non,
pour et contre,
Combien de temps.

Tenir, durer, raccourcir la présence
par autre chose,
ailleurs.



Le 24 août

Arthur, économiste,
chômeur.

A travaillé dans une entreprise de nettoyage,
pendant sa préparation de thèse.
Y retourne plusieurs fois.

Attend,
espère,
déception.

- C. F. P.
- Total.

Projet de création avorté,
Prêt à accepter n’importe quoi.

Se retrouve dans une affaire familiale.
Complètement bloqué.
- Se lance dans le conseil.

Agathe travaille dans une petite maison d’édition.
C’est le bras droit du patron.




Dimanche 6 septembre

Arthur aimait bien parler tout seul.
Week end de mélancolie, de vide, de projets,
de travail……ménager

Mots de l’année 1 - Mots de juin

Croisée au Louvre.jpg


Croisée au Louvre



Le 1er juin

A la fois dur, boudeur et prêt à pleurer.

Il semble éperdument perdu,

dépassé, dans un train qui l’emmène,

sans qu’il puisse rien dire.


Sait-il où il va ?

Ce qu’il va faire ?

Pourquoi, une tristesse si profonde ?


Même dans les petites gares de banlieue,

les femmes sont nues,

sur les affiches de cinéma.

Il doit y avoir une raison.


Les hommes aiment ça,

et Arthur n’est pas le dernier.

Mais les femmes aussi,

doivent aimer ça.


Ca doit les faire fantasmer dur,

de voir toutes ces femmes,

nues, abandonnées, soumises, pillées.

C’est excitant, non ?


Bientôt, il faut descendre.

La gorge qui se sert un peu.

Toujours.


C’est idiot.

Mais cela fait partie du voyage.

Ce soubresaut d’intérêt et d’excitation, avant la descente.

La sortie.

Mots de l’année 1 - Encore des mots de mai

Train de mai.JPG





Le 29 mai


Le train appelait chez lui

le souvenir d’un autre voyage.

Celui qu’il avait fait à travers

La modification de Michel Butor.


Drôle de livre acheté chez un bouquiniste,

a une couverture désopilante de jeu de cartes.

Mais le contenu, quelle lumière,

quelle puissance dans l’écriture de la vie, d’une vie.


Epinay Sur Orge,

un peu plus la campagne,

un peu moins la banlieue.


Des grenouilles dans le ventre,

tu es bien assez gros pensait Arthur

qui était agacé par cette espèce de ballonnement.


Sainte Geneviève des Bois,

quel beau nom pour une mer de poubelles.


Arthur, sans femme en ce moment,

sans envie de femme,

ou si, mais à côté, autour de lui,

et lui, à l’intérieur de ce cercle magique

de la tendresse et de la pensée.


Pas de femme dans ce train.

Mais des gens détendus, vivants.


Des jeunes et des vieux,

bien dans leur train.


Contents de rentrer chez eux,

ou d’aller ailleurs.


De plus en plus d’arbres.

Arthur seul sur sa banquette.

Il aimait ça.

Il se sentait alors plus proche des gens

que quand il les sentait trop près.


Un couple d’africains, sur la banquette

de l’autre côté du passage central.

Une femme et un enfant,

elle bleue, lui blanc,

merveilleux de naturel, d’aisance.

Ils sont toujours en Afrique.


Lui, en face de sa femme, est vêtu à l’européenne,

tristement, marron et gris.

Sa tête aussi, a une couleur terne,

d’Européen banlieusard.

Il a une expression d’enfant sur le visage.

Mots de l’année 1 - Mots de mai

Angelina aux yeux d'or.jpg




Le 4 mai

Arthur se dit : Je suis le fauve,
qu’on va mettre à mort,
mais je suis déjà mort.
Alors, quelle importance ?......


Le 24 mai

Réunion Mutuelle.
Silence, absorption, question.
Quelle mécanique parfaite.

Total tire un trait et me renvoie mon portrait.
Costume, cravate, photos.
Quel clown, quel travail et quel métier de clown.

Dans le métro, la femme aux yeux d’or.
Le 86.
Silence de l’écriture.


Le 28 mai

Arthur aimait de plus en plus le train.
Idéal pour écrire, se dit-il.
Secoué sur les rails,
paysages sans nom,
sans nom aussi les visages.

Soleil vient et part.
Bruit des rails,
bercement, sifflement, tressaillement.
Se laisser bercer, se laisser aller.

L’odeur du train, gare et voyageurs.
On oublie trop souvent les odeurs, dans la littérature.
Le soleil revient, on le prend comme il est.
On a envie de remercier quelqu’un.
Qui ? Quoi ? Le train.

Du gris et du vert.
Le gris c’est la banlieue,
les maisons de banlieue grises.
Et le vert, ce sont les arbres qui sont là.

Reflet d’un passé rural,
ou promesse d’un avenir équilibré :
la ville à la campagne.
Magie de la ville, si difficilement accessible.

Quelle douceur quand le train ralentit.
Juvisy.
Le soleil attend sur le quai,
mais le train préfère l’ombre.

Habiter Juvisy, quel pari !
Mais, tout est possible, avec de la force.
Cependant, il faut entretenir cette vigueur,
cette raideur qui vous pousse de l’avant.

Et, plus le temps passe,
plus on est fragile et tendre.
Plus on a besoin d’être soutenu, protégé,
par un environnement qui est à soi.

Que l’on s’approprie
et que l’on se sent capable de toucher.
Où l’on se reconnaît.

Arthur, philosophe de train de banlieue
aime bien regarder les gens, sans les regarder.
Quel plaisir d’écrire et de former des lettres,
en tenant à peine le stylo, poussé.
Quel plaisir de se sentir écrire.


22.4.05 01:33 13 Commentaires

Moreta / Site web (22.4.05 10:22)
C'est drôle, ma note d'hier parle aussi de transports. En moins bucolique ;-)
Bonne journée

LPSP (22.4.05 12:15)
Bonne journée à toi Moreta.
Ce sont les esprits du blog qui nous transportent...
Ciao, ciao

Jane (22.4.05 13:12)
J'aime bien le 4 mai...c'est un beau jour !
J'aime bien le mois de mai en général, fait pas encore trop chaud, on peut commencer à mettre ses pieds à l'air, y'a le muguet, les congés à terminer, les ponts, les amoureux qui commencent à se bécoter sur les bancs publics...bancs publics..
je m'é gare...avec tes histoires de trains moi !
J'suis une fétichiste du stylo, plume, mine, à bille ou roller (je sais, inutile de me le dire, le roller c'est pas -plus- de mon age)
T'as des boutons là -c'est le poisson- ou le poison...tu cuisines n'importe quoi !

Maryz (22.4.05 14:27)
Le muguet ça porte chance alors n'oublie pas d'aller en cueillir!

LPSP (22.4.05 14:38)
Salut Jane,
Tu as raison, mon rizotto n’était pas terrible.
En plus je me suis bêtement laissé influencer par un bête de livre de cuisine et j’ai été mettre du concentré de tomate dans la tambouille.
Ce n’était pas terrible donc je n’en ai mangé que deux assiettes !
Moi aussi dans le temps ma brave dame, j’étais fétichiste de la plume.
Je bichonnais mon argenterie de Parker à plume et de Cross à bille.
Je les ai gardé comme des reliques, mais depuis 15 ans, je ne sais plus écrire avec ces engins là, je n’utilise que mes ordi.
Quand il faut faire un chèque, je suis mal…
C’est quoi, le 4 mai ?
J’ai gagné le jackpot, sans le savoir ! c’est une nouvelle fête nationale, régionale, interstellaire?
Moi, on me dit jamais rien, d’abord !
J’espère que ça t’embête pas si j’utilise ton pied d’hier, sans te demander l’autorisation aujourd’hui.
Je préfère t’en parler, comme ca je suis couvert.
On sait jamais, regarde ce pauvre jeune homme que tu as menacé de je sais pas quoi, de lui couper les.....
Ciao, ciao Sirène
(C’est beau une sirène)

LPSP (22.4.05 14:47)
Incroyable Maryz Marion Maryz (ça sonne bien comme ça, je trouve!)
Tu vois que ça marche la magie :
J'ai même pas fini la note à Jane en lui demandant : c'est quoi ce 4 mai dont tu me parles, et tu me réponds que c'est le muguet.
C'est génial, j'adore le muguet, je cours en acheter.
Bises, NON pas bises, mais BISE de printemps, non mais alors !
Ciao, ciao, sois sage, travailles bien à l’école, ne déranges pas ta chambre…

Maryz (22.4.05 14:50)
la magie(noire) j'ai déjà essayé mais ça marche pas...
Le muguet c'est le premier mai pas le 4, non?

Giovanna (22.4.05 15:13)
Parker, Waterman, c'était mes premières amours...pis j'suis passée à des mtblanc et des cross aussi. Je me suis arrêtée là...ça n'a pas plus de sens ce besoin démesuré de posséder (c'est bien du taureau, du bien et du beau...je me soigne…enfin j'ai des restes quand même, j'avoue, même pas besoin de me mettre la tête sur le couperet) j'ai d'ailleurs offert un de mes cross à une personne qui partait de la boite dernièrement...tu vois, je me détache des biens matériels...j'vais bientôt devenir la papesse Jane...et pas ok pour passer sur la chaise percée...y'a rien à peser...je revendique mon état de femme faible !
Pour le pied, tu peux prendre bien sûr...même les deux...ça te donnera un peu d'équilibre.
Le rizotto passe ?

LPSP (22.4.05 16:43)
Giovanna,
Ca me fait tout drôle de te voir aussi douce gentille et tout.
Ca doit être le printemps.
Je t'embrasse les pieds.
Ciao, ciao

LPSP (22.4.05 16:50)
Maryz,
J'adore le muguet, qu'est-ce qu'il sentait bon ce parfum de muguet, je ne me rappelle plus si c'était un Rochas ?
Bon, tu as encore fait des bêtises!
Je t'avais dit PAS de magie NOIRE.
Tu es encore trop petite, tu as droit, juste à la magie blanche, n'oublies pas, tu me promets, hein...
Les oiseaux chantent pour toi, tu ne les entends pas ? (Fermes les yeux, avant de répondre "non").
Ciao, ciao

Maryz (22.4.05 16:56)
oui je le promet mais c'était il y a longtemps et puis c'était quand j'étais en pleine dépression...
J'ai juste essayé d'invoquer Bloody Mary...

Antiope (23.4.05 12:01)
Très beau...
ça me fait un peu penser à Apollinaire et à Cendrars, avec leurs poèmes voyageurs...

LPSP (23.4.05 13:26)
Chère Antiope,
Cultivée et gentille, il n'y a qu'une Antiope, et c'est toi.
Tu as bien fait de revenir à la civilisation bloguante, pour me laisser un commentaire aussi sympa.
Tu as vu les progrès que j'ai faits en raccourcissement de commentaire.
Mais bon, j'ai été pris par surprise l'autre jour sur ton blog, tellement j'étais content que tu sois rentrée.
Très bonne succulente fin de semaine pour toi.
Je vais continuer mon voyage avec Arthur...

Mots de l’année 1 - Mots d'avril

Vitrine de Bruges Aout 2007.jpg




Le 17 avril

Cela va faire bientôt un an qu’il est au chômage
et il est tout perdu, comme un chien
qui n’aurait plus le droit d’être attaché à sa chaîne.

Des fois, Arthur se dit qu’il ressemble à un chien
avec son gros nez et ses yeux mouillés,
ce qui exaspère Agathe qui déteste les chiens.

Un surtout. Un genre de chose noire
que ma mère arbore fièrement.

Un chien qui a une garde robe complète.
Veste d’intérieur et d’extérieur, ciré, pantoufles.
Tout le confort, il ne manque plus que le walk man
pour écouter Pierre et le loup.

Le pauvre chien énerve tellement Agathe
qu’elle le mord.

Un grand bruit !

Arthur arrêta de frotter ses casseroles.
A travers le mur il entendait une voix grave
qui répétait fortement :
- Tu mens, tu mens !

Bien sûr qu’elle ment,
espèce de vieux con baveux, pensa Arthur,
avec la tête de crapaud paralytique qu’il a
ce cher voisin quinquagénaire.

En plus, il n’est jamais là.
Et, à chaque fois qu’Arthur croise sa voisine
dans l’ascenseur, elle a le sourire radieux
et épanoui d’une femme qui trompe son mari.

Dans l’ensemble, les relations de voisinage
se passaient assez bien.
Agathe et Arthur s’entendaient bien avec leurs voisins
bien que le combat soit inégal au premier abord ;

Un studio de trente mètres carrés,
avec cinq personnes à bord,
cerné par deux appartements de cent mètres carrés
nantis de deux habitants dans les périodes de pointe.

Agathe et Arthur étaient assez discrets,
surtout quand ils n’étaient pas là.

Arthur entendit un grand bruit.
Ce doit être Agathe qui s’est encore
pris les pieds dans le fil du téléphone
et qui se bat avec la bibliothèque.

Il alla voir, quand même,
plus par habitude que par politesse.
Agathe était assise sur le lit,
dans l’unique pièce du studio.

Elle essayait nerveusement d’allumer une cigarette
comme quand elle n’avait pas
la conscience tranquille.

Tu sais Pedro, sa statue….


20.4.05 11:19 5 Commentaires

Marie C. (20.4.05 14:02)
Le 17 avril de l'an dernier je quittais un homme que j'aimais et qui m'aimait. Mais la ''vie'' en avait décidé autrement...
Depuis je n'aime pas cette date.

LPSP (20.4.05 15:10)
Non, Alors le 17 avril…
Non, ce n’est pas possible…
Marie-Agathe (c’est un nouveau prénom), tu me fais marcher ?
Tiens, tu vas voir comme j’apprends vite :
mile baci (barré), non, grazie mile.
Génial, ça marche, géantissime, ma sérénissime (celle-là, je l’avais encore jamais faite !).
Marvelous.
Merci, quoi.
OUINNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNNN
Ca marche pas!
Pourtant j'ai tout fait comme tu as dit.
Le texte il est bien barré et après le copier/coller, le barrage il se barre. C'est trop injuste!

Marie C. (20.4.05 15:17)
Tsss, il te faut des cours toi !
Marie-Jeanne...

LPSP (20.4.05 16:25)
Yes Marie-Jeanne,
Oui, je crois,
Je vais profiter de la réforme 3, 5, 8 pour préparer un DESS de bloguiste en chef que je pourrais faire ensuite valider en Master, Magister, Machinter de blogueur chauffagiste,
c’est celui qui met le charbon dans la chaudière pour que le blog avance.
Crotte de bique, c'est plein de fumée dans ce blog.
Et MMMMMMMMMMMMMMMMMMMMMerdasse, j'ai marché dedans.
Ce doit être mon jour de réussite.
Tu vois, je fais des efforts.
Marie-jeanne, c'est pas une chanson de Brassens, c'est le nom d'un bateau, il ne me reste plus qu'à trouver le titre du film!
Ciao, ciao (qui a dit que j'étais bavard!)

Marie C. (20.4.05 16:27)
Je connais Jeanne, de Brassens ! Mais je m'en fous je m'appelle Marie-Claire !

Mots de l’année 1 - Mots de mars

Les roses chez moi.JPG


Les roses chez moi


Vendredi 20 mars

Pourquoi ne pas dire
ce théâtre d’idées
qui se bouleverse
qui bout et qui fond dans ma tête.

Je suis en colère
mais contre moi, pas contre les autres.


Vendredi 27 mars

Arthur ne s’est jamais pressé.
Déjà au lycée il faisait l’admiration du Principal,
par son calme inébranlable.
Quand il était en retard
(de quelques minutes, sinon, il restait à la maison),
il mettait un point d’honneur
à marcher d’un pas mesuré et à gravir
les vieux escaliers en bois,
avec toute la souplesse de ses 17 ans.

Aujourd’hui, Arthur n’a pas changé de vitesse.
Il préfère voir le bus partir sans lui
que d’avoir à s’agiter 4 ou 5 secondes.
Je ne pense pas que ça soit de la paresse.
C’est plutôt une sorte de fierté.
Quand Arthur décide de courir, il court,
que les horaires d’un bus décident du rythme de son pas,
non, ce n’est pas sérieux.

Arthur n’a pas d’ami.
Il est trop intelligent ou pas assez,
il ne sait pas lui-même.
Personne ne l’intéresse assez
pour qu’il fasse l’effort de parler.
Quand il rencontre des gens intéressants,
ils sont tellement intéressants
qu’ils ne parlent que d’eux et pour eux.

Arthur n’aime pas le téléphone.
Quand il sonne, il s’éloigne le plus vite possible
du poste, en criant « Téléphone ».
Quand il est tout seul, il se cache dans les toilettes
ou sur le balcon.
Parfois, il débranche sournoisement
la prise de l’objet blanc.

Depuis qu’elle le sait, Agathe le regarde bizarrement,
quand elle rentre le soir.
- Alors, pas de coup de téléphone ?
- Non rien, ah si ma mère a appelé ce matin,
- Ah, ta mère…
D’habitude, elle saute en l’air,
comme si elle avait reçu une décharge électrique,
mais ce soir, Agathe est trop fatiguée.

Elle abandonne sa veste, laisse tomber ses chaussures.
- Tu veux un whisky, Rate Gondine ?
- Non merci.
Est-ce que Pedro a appelé aujourd’hui ?
- Non, je ne pense pas, répond Arthur qui manifestement
s’en balance complètement.
- Bon, alors il faut que je l’appelle ! soupire Agathe,
en regardant bêtement le mur.

Lorsque Arthur entend la porte de la chambre se refermer,
il se décontracte et va dans la cuisine,
astiquer gaiement quelques casseroles.
Après tout, ça ne le regarde pas.
En ce moment, elle est amoureuse comme une chatte.
Pas de lui, bien sûr.
Lui, il a l’impression de ne plus exister,
d’être devenu transparent.

19.4.05 15:12 6 Commentaires

nothing-is-real (19.4.05 15:16)
c'est triste ! peut-être qu'Arthur devrait essayer de faire un peu d'efforts pour aller vers les autres... ?

Moreta / Site web (19.4.05 16:48)
Allons Arthur, on se remue!

Giovanna (19.4.05 19:57)
Arthur n'en a plus rien à faire de rien me semble t il et il a tort !
Et est-ce qu'Arthur a essayé de la reconquérir ?
Et est-ce qu'Arthur se rend compte qu'il vit dans une bulle (j'espère qu'il a de l'oxygène !)
Arthur va droit dans le mur et c'est quand il aura la tête toute plate qu'il dira 'si j'avais su'
Embrasse le si tu le rencontres

LPSP (20.4.05 01:20)
Bonjour nothing-is-real,
C'est très gentil d'être venu voir mes mots.
C'est vrai qu'en le relisant, moi aussi j'ai trouvé ça triste et ça m'aurait presque filé le bourdon.
Arthur revient demain, j'espère que ca va s'arranger, je ne me rappelle pas, mais je n'en suis pas trop sur!
Ciao, ciao
Je t'ai cueilli une rose toute rouge, ça devrait aller avec ton décor qui est un peu tout noir, non ?
@}>~~>~~

LPSP (20.4.05 01:25)
Ciao Moreta,
Alors les pieds, ça marche, tu mets quelle couleur dessus ?
Le problème de cet Arthur là c'est qu'il n'avait pas de copine pour lui secouer les puces.
C'est un drame Arthurien, finalement.
Bon les filles, ce n'est pas la peine de ranger vos mouchoirs, car il va revenir vous démolir le moral demain!
Bons Baisers d'Arthur.

LPSP (20.4.05 01:35)
Salut Giovanna, ça va la Sicile?
Pour rester dans le terrible drame de ce pauvre garçon, je ne crois pas qu'il a essayé de la reconquérir, tel qu'il est là il a effectivement l'air de manquer d'oxygène, il ne réagit plus beaucoup.
Je le verrai demain et je lui roulerai un patin de ta part (Crois moi, ça va nous faire drôle.)
Ciao, ciao
P.S. Ce n'est pas la peine de réclamer ni de monter un syndicat avec Moreta, les roses c'est uniquement pour celles qui viennent la 1ère fois!

Mots de l’année 1 - Mots de février

louvreflore.jpg


Le Pavillon de Flore et le quai des Tuileries



Le 2 février

Assis sur un banc,
au bord de la Seine.
12h30
A côté du Pont Royal, en face de la Gare d’Orsay.
Un cocker vient de passer,
des goélands remontent le courant,
un gros bateau mouche « Le Rhône ».
Le soleil est si fort que je peux à peine ouvrir les yeux.

Le soleil est tout blanc.
Un petit chien, dans le sens du courant,
il me regarde et continue.
Beaucoup de bruit, un grondement
sourd et pénétrant.
Heureusement, une belle brume bleutée
enveloppe tout.

Un super bateau mouche
qui parle dans toutes les langues.
Il y a juste dix personnes dedans.
J’ai à peine le temps de les compter
car il est passé très vite.

Une péniche lutte contre le courant.
Deux filles passent, bêtes et moches.
La péniche a du mal.
Le bruit de son moteur est une symphonie
lourde, mais pleine de force et de rêve.
Le soleil me fait du bien,
une petite brise aussi.

La péniche en tire une deuxième
avec un très long câble.
Elles ont chacune une petite Renault
coincée entre le roof et la chaloupe suspendue à l’arrière.
Des mouettes rieuses les accompagnent
en silence, respectueuses.
Une troisième péniche est amarrée derrière la deuxième.

Ensuite, vient un gros pousseur,
avec des petits tas de sable.
Le cocker vient de repasser.
J’ai de la chance,
car il y a des jours (des heures) sans péniche.

Deux belles filles blondes, avec des hauts talons.
C’est assez rare sur les quais.
Malheureusement, elles sont parties de l’autre côté.
Les deux filles de tout à l’heure,
elles ont l’air moins bête.
La plus grande porte son manteau sur le bras
et me sourit,
elle est plus jolie et sa poitrine plus agressive.

Un pousseur arrive tout seul.
C’est assez impressionnant.
Il a l’air d’hésiter.
Peut-être va-t-il aider une péniche,
on dirait qu’il surveille.
Le pilote donne des coups d’accélérateur
comme sur une voiture de sport.

Une belle péniche passe avec aisance,
sous le Pont Royal. Elle s’appelle Noël.
Son moteur ronronne tout doucement,
comme un petit bateau de pêche
breton (je ne connais pas les autres).
Elle est très haute sur l’eau, car vide.
Sa proue est impressionnante.

Trois connards cinquantenaires passent.
Ils ont peur de se mouiller les pieds.
Il y a des touristes partout, même
au bord de la Seine.
- Non, mais je sais,
- Si tu veux,
- J’sais pas …
Une conne avec des hauts talons
en train de philosopher avec son
petit copain, en toute simplicité.

Une demi-heure de rêve et de chaleur.
C’est fini, il est bientôt 13h.
Il y a moins de brume,
je peux sortir, remonter à la surface.
J’aurai assez d’oxygène.

Mots de l’année 1 - Mots de janvier

Saint Lunaire - Copie.jpg




Lundi 19 janvier

Si tout le monde était heureux, les écrivains seraient tristes


Mardi 20 janvier

De dos, elle ressemblait à une petite mémère de 30 ans,
mais ses yeux …
Un regard pathétique, fragile, dur et peureux.
Teint mat, yeux clairs.
La femme de 12h30,
que je perds et que je retrouve,
comme la mer qui vient et puis qui
se couche,
lasse.
Le même pantalon droit,
le même imper étriqué, sec,
un sac, des chaussures.

La Panzer division.
Elles avaient toutes des noms :
Claudia, Julia, Fanny, Anne-Rose, Carola,
et une force impénétrable, indestructible.
Elles avaient des chaussures, aussi.


Jeudi 22 janvier 12h00

Coup de téléphone,
colère. Ca fait du bien. Apaisement,
relâchement.

14h30
Visions.
La Hune.
Saint Germain 86 triste.
Un gros lard merdique a du mal à sortir de sa Cadillac,
plein de gens partout ou seulement quelques uns,
ce qui est encore plus précieux.
On ne les reconnaît pas,
ce serait si facile de se souvenir.
Ils sont loin les rêves
et le dérisoire désir de puissance est parti,
c’est mieux comme ça, non ?
Un jour, une chevelure de lionne,
elle était rayonnante,
je dois écrire,
86.
J’attends, près du banc rituel. L’église de
Saint Germain des Prés est floue.
L’attente est sage et froide.
Le 86 arrive. C’est le bulldog qui conduit.
Mon regard croise un manteau de lapin blanc.
Je vais me réfugier au fond. J’ouvre le cartable
noir, je sors le cahier de brouillon :
« prof dans un lycée ».

17.4.05 02:37 10 Commentaires

Marie C. (17.4.05 02:40)
Sympa ça !
Rien à voir mais dans la liste de tes favoris, il y a Saint-Lunaire. Sans lien. Sourires. Mais tu peux le retrouver chez moi...

LPSP (17.4.05 03:03)
J'ai eu peur! Tu as bien fait de me le signaler. Et je te remercie. Je pense que j'avais bêtement oublié de saisir l'adresse. J'ai rectifié, ça marche.
Je suis quand même inquiet car il n'a rien publié depuis le 1er février.
Tu sais ou tu vas savoir que je suis très bavard mais j'ai eu de la chance car je connais les blogs depuis peu.
Un jour j'ai tapé "blog" sur un moteur de recherche, il m'a sorti plusieurs noms et j'ai cliqué sur Saint Lunaire car je connais bien cette station balnéaire.
Je suis donc un veinard car j'ai découvert le monde des blogs par Saint Lunaire et Etolane qu'il citait abondamment, je crois que j'ai été gâté par la bonne étoile des blogs.
J'ai réussi à m'arrêter, je suis trop raisonnable !
Ciao, ciao
(enfin presque raisonnable, car j'ai envie d'un bon café!)

Marie C. (17.4.05 13:38)
Café moi aussi mais chez moi c'est l'heure. Oui je n'ai plus de nouvelle de M. St Lunaire depuis longtemps... A suivre... Bon dimanche !

L’insolite insolent (18.4.05 00:08)
Saint-Lunaire, c'est ce petit port breton où il n'y a que des parisiens argentés ? Où l'on va à la « Potinière » boire un verre, avant d'aller danser à « L'Excalibur » ? Où l'on se sent bête au matin d'être si vain quand la mer est si fière ? Ceci en guise d'introduction. Deux autres points restent à débattre : 1) je ne pense pas que si tout le monde était heureux les écrivains seraient tristes. 2) Ca me semble hâtif de traiter de « cons » les aimables passants qui passent.

LPSP (18.4.05 02:13)
Bonjour Marie,
Je te remercie d'être passée me voir à l'heure du café, tu es toujours très aimable.
J'ai vécu un dimanche en noir et blanc car j'avais prévu de passer la journée dans les mots et les amis se sont succédés toute la journée et la soirée à la maison, donc j'ai réussi à écrire un tout petit peu : transcription de mots et un tiers de Vixen; J'ai hâte d'être à demain pour la retrouver.
Bonne nuit, bon réveil, bonne journée.
Ciao, ciao.

LPSP (18.4.05 02:48)
Bonne nuit linsoliteinsolent,
Merci pour ton magnifique commentaire illustré, un jour il faudra m'expliquer comment vous faites pour mettre des images dans les commentaires car je n'y suis pas arrivé.
Saint Lunaire, entre Saint Briac et Dinard est un bel endroit au charme un peu suranné.
Je l'ai beaucoup fréquenté il y a très longtemps.
Je me rappelle de La Potinière, l'Excalibur, j'ai un doute...
Tu as déjà lu les deux notes, et bah dis donc, pour être rapide, t'es un rapide.
Pour ton deuxième point à débattre : je suis globalement d'accord avec toi.
Apparemment j'étais de mauvais poil ce jour là (un peu abattu) et je trouvais tout le monde con sauf les chiens et les bateaux.
Pour le premier point, je persiste et je signe, pour moi le bonheur et l'art font mauvais ménage.
Si tout le monde était complètement et en permanence heureux, les écrivains seraient malheureux car ils n'auraient plus rien à raconter, à part des livres de la bibliothèque rose ou des romans de gare qui peuvent être écrits par des machines, on n'aurait plus besoin d'écrivain, je le pense et en tout cas ça correspond à mon expérience de la vie.
Une vie sans dramaturgie n'a aucun intérêt, donc ce n'est pas la peine de la vivre (à mon avis très personnel) et encore moins de l'écrire.
Il y a sûrement d’autres points d’entrée et d’autres clefs à cette réflexion que je te remercie d’avoir initiée.
Pour résumer mon illustre pensée de façon très directe je dirai :
Le bonheur (ça va bien 5 mn) mais c’est chiant !
Ciao, ciao
P.S. Rassure-toi, je ne prends que du café. J’ai pas l’air, mais je me soigne.

L’insolite insolent (18.4.05 11:05)
Je ne crois pas, cher Porte sans Porte, que le bonheur soit cet état lénifiant que tu décris ! Il me semble que c'est plutôt un état intérieur que certains connaissent même dans une vie qui n'a rien d'un « long fleuve tranquille ». Et je ne crois pas non plus que le malheur soit seul capable d'inspirer les artistes. Est-ce que les infinies nuances des paysages de nos âmes ne mériteraient pas d'être explorées par les créateurs, même si nous étions capables d'être sereins ?
PS: Tu as raison, ce n'est pas l'Excalibur ! Je confondais avec La Chaumière et l'Amirauté

LPSP (18.4.05 12:42)
Bonjour linsoliteinsolent,
Bah dis donc, tu es un véritable génie des blogs, toi !
Bon, si on n'est pas d'accord sur la notion de bonheur, on ne risque pas d'aller loin.
Le bonheur dont je parlais est effectivement cet Etat de béatitude molle qui transforme les êtres humains en nouilles parfumées au chèvrefeuille.
A partir du moment où on parle de quelque chose qui implique une démarche, une recherche vers un Etat quelconque de sérénité, on est dans la vie et on n'est plus dans un long fleuve tranquille et donc on peut décapuchonner nos stylos.
Merci beaucoup, pour ton commentaire plus qu'intéressant.
En plus, c'est tellement beau que je vais finir par les encadrer!
Ciao, ciao.
P.S. Je me rappelle bien La Chaumière où je suis allé pendant de longues années. L'Amirauté ne m'est pas inconnue, mais le souvenir est moins présent.
P.P.S. Ce que j'ai retenu de mon début d'étude du Bouddhisme, c'est que le plus important n'était pas d'être arrivé au stade du bonheur parfait, mais la démarche entreprise, sur la voie du grand chemin.
P.P.P.S. J'ai bien mérité un bon café, tu le prends avec ou sans sucre ?

Giovanna (18.4.05 18:29)
...vous faites chier avec vot'bonheur, pierrot l'a dit de toute façon...le bonheur c'est toujours pour demain...et je confirme, j'ai pas encore trouvé...enfin pas vraiment...c'est à dire que je sens pas encore le chèvrefeuille (franchement j'y tiens pas non plus)

LPSP (19.4.05 00:47)
Jane
Tu es difficile, tu sais.
Ca sent bon le chèvrefeuille.

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