19.08.2009

Mots de l’année 4 - Mots de la fin-juillet

Morceau de train.JPG

Morceau de train 

 

 

 

 

Le 25 juillet

 

 

Depuis qu’un gouvernement de gauche

avait exercé le pouvoir en France,

Arthur était devenu politiquement adulte.

Il avait toujours été partisan du système libéral.

 

Et, il avait toujours défendu l’idée

que l’économique primait tout.

Dans le sens non pas de la primauté du discours,

mais dans la voie de la vie économique réelle,

vécue par les entreprises.

 

Agathe et Arthur côtoyaient beaucoup d’artistes

et Arthur refusait maintenant de discuter avec eux,

car derrière la plasticité de leurs phrases,

se cachait leur nature très standard

de recherche du fric et de la considération.

 

Ceux qui l’exaspéraient le plus

étaient ceux se voulaient artistes

et qui portaient un uniforme.

 

Il les trouvait encore plus grotesques

que les cadres avec costume cravate et attaché case.

Car il plaignait ceux-ci,

alors qu’il n’avait aucune pitié pour les clowns de l’art.

 

 

Dimanche 28 juillet

 

J’en ai marre se dit Arthur,

mon grand bonheur n’aura duré qu’un mois.

 

Si ça continue comme ça,

je vais partir travailler au Maroc,

puisque j’en ai l’occasion,

et Ciao l’Italia.

 

Pendant un mois il lui avait écrit tous les jours,

il lui téléphonait tous les deux jours,

à chaque fois, pendant plus d’une demi-heure.

En contrepartie, elle ne lui avait envoyé

que la fameuse lettre

où elle lui disait qu’elle en aimait un autre,

mais qu’il ne se décourage pas.

 

On était Dimanche,

Arthur ne l’avait pas eu au téléphone depuis mardi,

c’était une situation tout à fait nouvelle.

 

Jeudi soir et samedi soir elle n’était pas là,

avec des ou un ami.

Et vendredi il était lui-même trop triste,

pour lui téléphoner.

 

Si elle l’aimait un petit peu,

elle aurait pu s’inquiéter

de ne pas avoir de ses nouvelles, l’appeler.

Pourquoi pas. Elle était loin d’être fauchée.

 

Dans cinq jours il devait partir la rejoindre.

Comment sera-t-il ?

Dans quel état de tristesse et de délabrement ?

 

Elle sera sûrement très gaie et lui dira :

« Arthur ne pense plous à rien,

je suis là, c’est le principal ».

 

Lui qui avait commencé à apprendre l’italien,

il avait l’air malin, maintenant.

 

Agathe était en Suède,

avec un de ses soupirants, Serge,

professeur d’histoire, très cultivé et très agréable.

 

Je suis sûr qu’en ce moment,

Agathe pense à moi.

Et cela le rendait songeur.

 

 

 

28.5.05 02:31                                              4 Commentaires


Eole ( ?) (28.5.05 12:57)
Tu aurais presque pu appeler ta rubrique "Morcellements".
C'est ainsi que je la perçois.

 

LPSP (28.5.05 13:54)
Oui, tu as raison.
Ce sont des morceaux de morceaux.
Comme des lambeaux d'amour arrachés à des rêves.
Je t'embrasse tes si jolis pieds.

 

Eole ( ?) (31.5.05 21:09)
Oui moi aussi je ne t’embrasse pas les pieds!

 

LPSP (31.5.05 23:23)
Touché.
Dégommé.
Ratatiné.
Coulé.

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