14.10.2009
J’ai croisé une fée

C’était une ville d’avant,
quand j’avais le temps de flâner
de voguer les yeux fermés.
Une ville chaude et accueillante,
peut être Dijon ou Montpellier.
Un endroit plus simple
et moins léché
qu’Aix en Provence,
plus chaleureux que Bordeaux,
peut être Toulouse,
ou un quartier caché de Marseille.
Un coin de ville chaleureux et animé
avec des couleurs aux fenêtres.
Il fait bon, l’air est parfumé de lavande
et de curieuses variétés de basilic.
Un marché à la brocante déroulait
ses stands, les passants se mélangeaient
s’arrêtaient pour se parler,
tout en dévisageant la foule, curieuse.
Une femme se recoiffe, elle pense
à son déjeuner, au repos du dimanche,
peut être trop calme, heureusement lundi…
Je me promène, au ralenti,
les yeux mi-clos,
je respire le bonheur des autres,
la simple joie de se sentir vivant,
les cris de joie des enfants,
l’excitation de la musique,
c’est une fanfare d’étudiants,
les terrasses des cafés sont
ouvertes et nonchalantes
mais déjà prêtes pour l’apéritif,
un bon cru du terroir,
d’ici ou presque,
c’est à côté, il faudra venir…
C’était un samedi de juin
ou alors de mai.
Il n’était pas encore quatorze heures,
je ne savais pas que tu allais
me quitter en pleurant,
parce que je ne t’aimais pas assez…
Je ne savais pas.
J’avais seulement faim,
la gaité de la rue
me donnait des envies,
à moi aussi.
Finalement, tu as repris ta voiture,
pressée de fuir ton bonheur envolé,
tu étais jolie comme le printemps
et tu faisais bonne figure,
rajustant tes lunettes de soleil
et ravalant tes larmes,
finalement.
Mécaniquement je marchais,
entretenant une faim sans faim.
je cherchais une belle librairie
ombragée de rayonnages garnis.
La poussière de livre me manquait.
Devant la caisse un joli petit ouvrage
m’attendait : Lettre d’une inconnue
par Stefan Zweig rééditée dans la
belle collection La Cosmopolite.
C’était just ce qu’il me fallait
pour emporter dans mon bagage,
pour me tenir compagnie.
Je cherchais la gare,
maintenant j’étais prêt.
Les pavés m’emmenèrent.
La rue était grise,
les maisons étaient jaunes.
Devant l’épicerie fine,
plongé dans la vitrine,
j’ai vu tes yeux
plus bleus que le ciel,
j’ai vu,
j’ai su,
j’avais croisé une fée.
Plus loin,
là-bas,
au-delà,
une voix pressée appela :
Merewenn !
08:36 Publié dans Short Cuts | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note


Commentaires
... et la fée s'en est allée.
Tu écris de jolies choses, toujours et encore.
Je t'embrasse depuis mes sapins comtois.
Ecrit par : pseud | 06.11.2009
Coucou ma Franche Comtesse, tu es toujours si gentille.
La fée m'a écrit récemment, un jour elle va revenir.
J'espère que tu vas bien.
Et tes pieds sont toujours aussi petits ?
Je t'embrasse avec tenderness
Ecrit par : LaPorteSansPorte | 13.11.2009
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